La Tunisie vient de récupérer 210 pièces archéologiques provenant du site de Carthage, après leur exportation temporaire vers le Canada dans les années 1990 dans le cadre des missions scientifiques menées sous l’égide de l’UNESCO.
L’opération, annoncée lundi par l’Institut national du patrimoine, s’est déroulée sous la supervision du ministère des Affaires culturelles et en coordination avec le chef de la mission canadienne Jeremy Rossiter. Elle concerne 105 monnaies en cuivre de type « nummi » et 105 fragments de lampes en céramique découverts lors des fouilles menées entre 1994 et 1999 par l’équipe canadienne.
Selon les travaux académiques de l’université d’Alberta et les rapports des campagnes internationales de sauvegarde du site, ces objets datent de l’Antiquité tardive (IVe–VIIe siècle). Les lampes appartiennent à la production dite de céramique africaine lustrée, souvent décorée de motifs chrétiens et géométriques, tandis que les monnaies, frappées à Carthage, servaient aux échanges du quotidien dans les périodes romaine tardive, vandale et byzantine.
Ayant une valeur scientifique inestimable, ces pièces constituent des repères chronologiques essentiels pour reconstituer l’évolution urbaine de Carthage.
Ce retour s’inscrit dans une stratégie nationale de restitution des biens culturels sortis temporairement du territoire dans le cadre de conventions scientifiques, en cohérence avec la convention de 1970 de l’UNESCO sur la lutte contre le trafic illicite de biens culturels.