Selon une enquête publiée vendredi par la chaîne américaine CBS News, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait donné son feu vert à une opération militaire ayant visé deux navires du convoi international Global Sumud près du port de Sidi Bou Saïd en Tunisie, les 8 et 9 septembre 2025.
Toujours d’après CBS News, qui cite deux responsables du renseignement américain, des drones déployés depuis un sous-marin israélien auraient largué des engins incendiaires sur les navires, provoquant des incendies à bord. L’un des bateaux, le Family (immatriculé au Portugal), aurait été touché le 8 septembre, tandis que le Alma (battant pavillon britannique) aurait été frappé le lendemain.
Les organisateurs du convoi affirment que les équipages ont réussi à éteindre rapidement les flammes et qu’aucune victime n’est à déplorer. Parmi les militants embarqués figurait la militante suédoise Greta Thunberg, arrêtée plus tard lors de l’interception du convoi par les forces israéliennes, rapporte encore CBS News.
Le lendemain de la première attaque, les autorités tunisiennes avaient rejeté la thèse d’une attaque extérieure, évoquant « un incendie d’origine interne » et dénonçant des « rumeurs orchestrées ». Elles avaient par ailleurs appelé à la prudence dans l’interprétation des vidéos diffusées par les militants. Quelques jours plus tard, le ministère de l’intérieur, se basant sur les éléments de l’enquête en cours, avait confirmé une attaque extérieure.
Le ministère de l’Intérieur avait précisé que l’attaque survenue contre l’un des navires de la flottille internationale Sumud amarrés au port de Sidi Bou Saïd « était un acte prémédité ».
Il avait ajouté que les services compétents du ministère mènent actuellement toutes les investigations nécessaires afin de mettre en lumière l’ensemble des faits.
Le ministère avait fait savoir que l’opinion publique, en Tunisie comme à l’échelle internationale, sera tenue informée sur les instigateurs, les complices ainsi que sur les exécutants de cette agression.
À ce stade, ni le gouvernement israélien ni l’armée (IDF) n’ont réagi aux révélations de CBS. Mais l’affaire prend une tournure diplomatique sensible : si l’attaque est confirmée, elle impliquerait une opération transfrontalière en territoire tunisien, soulevant de graves questions de droit international.
Les organisateurs du convoi, cités par CBS, réclament désormais une enquête internationale indépendante, appuyée sur des images satellites et l’analyse des débris retrouvés sur les navires.