Le Mali traverse ce samedi 25 avril une crise sécuritaire d’une intensité rare, marquée par une offensive coordonnée qui frappe simultanément le cœur du pouvoir à Bamako et plusieurs verrous stratégiques du pays. Dès l’aube, la capitale a été plongée dans le chaos par des détonations et des tirs nourris visant des sites hautement symboliques tels que le palais présidentiel, le siège du ministère de la Défense et l’aéroport international de Bamako-Sénou. Cette série d’attaques a été officiellement revendiquée par les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, illustrant leur capacité de projection inédite jusqu’au centre névralgique de l’État malien.
L’onde de choc s’est propagée bien au-delà de la capitale, touchant la ville garnison de Kati, résidence du général Assimi Goïta, ainsi que les localités de Gao et Sévaré. Toutefois, le tournant majeur de cette journée réside dans la situation au Nord, où les rebelles touareg du Front de Libération de l’Azawad (FLA) affirment avoir repris le contrôle total de la ville stratégique de Kidal. Cette reprise de l’ancien bastion indépendantiste, autrefois occupé par les Forces armées maliennes et leurs alliés russes de l’Africa Corps, suggère une convergence d’intérêts, voire une alliance tactique sur le terrain entre les mouvements rebelles et les groupes djihadistes pour déstabiliser le régime militaire en place.
Cette dégradation brutale du contexte sécuritaire intervient alors que la junte malienne s’est isolée diplomatiquement en rompant avec ses partenaires occidentaux pour se tourner vers Moscou, tout en durcissant la répression interne contre la presse et la classe politique. Le maintien au pouvoir du général Goïta, dont le mandat a été prolongé de cinq ans en juillet 2025 sans processus électoral, cristallise les tensions dans un pays déjà épuisé par plus d’une décennie de conflit. Alors que des hélicoptères de l’armée survolent Bamako et que les rues restent désertes, le Mali semble plus que jamais fragmenté, pris en étau entre une instabilité politique profonde et une menace armée qui défie désormais l’intégrité même du territoire national.
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