L’expert économique et ancien ministre du Commerce, Mohsen Hassan, a livré ce mercredi 1er avril une analyse percutante sur sa page Facebook concernant la circulaire n° 2026-4 de la Banque Centrale de Tunisie. Pour lui, ce texte publié le 26 mars dernier ne se résume pas à une simple directive administrative, mais constitue un véritable acte de courage pragmatique sous l’impulsion du Gouverneur Fethi Zouhaier Nouri. Dans un contexte de tempête économique, il estime que l’Institut d’Émission vient de tracer une ligne rouge salutaire en distinguant les besoins vitaux du pays de la consommation superflue.
L’analyse de Mohsen Hassan met en exergue la fin de l’illusion du crédit pour le luxe, soulignant que le temps où l’on importait des véhicules de tourisme, des cosmétiques ou des produits fins à crédit est désormais révolu. La règle du « cash and carry » s’impose désormais aux importateurs, qui devront mobiliser l’intégralité de la valeur de l’opération sur leurs fonds propres avant toute domiciliation. Cette mesure vise à neutraliser le levier bancaire pour stopper une mécanique de consommation de masse qui épuise la balance commerciale tunisienne.
Loin d’un protectionnisme archaïque, Mohsen Hassan salue une œuvre de précision stratégique qui préserve l’appareil productif. En sanctuarisant l’accès des industriels aux intrants vitaux et en protégeant le régime de perfectionnement actif pour les exportateurs, la BCT garantit la souveraineté industrielle et la rentrée de devises. Pour Mohsen Hassan, cette décision est une question de survie nationale : chaque dollar de nos réserves doit être prioritairement alloué au blé, à l’énergie ou aux médicaments plutôt qu’au financement bancaire de produits de confort.
En concluant son plaidoyer, l’ancien ministre affirme que cette circulaire est une mesure de salut public qui réoriente les liquidités bancaires vers les secteurs créateurs de valeur. En responsabilisant les banques sur la vérification des nomenclatures douanières pour mettre fin aux fausses déclarations, la BCT rappelle une vérité fondamentale : l’intérêt supérieur de la nation et la stabilité du dinar doivent impérativement primer sur le confort de consommation.