Circulation à la Charguia : Pourquoi tant de problèmes ?

Circuler dans certains quartiers à Tunis est une punition, un supplice même. L’un des pires endroits reste la Charguia 1 et 2. Y entrer et en sortir à certaines heures constitue un défi quotidien, pénible et stressant pour des milliers d’automobilistes, au point que certains taxis refusent (gentiment) d’aller dans cette zone.
Conçue initialement comme une zone industrielle, La Charguia s’est transformée au fil des ans en un pôle économique abritant de nombreux sièges d’entreprises, de dépôts, d’administrations et de services divers. Une accumulation qui a eu pour résultat une circulation chaotique qui met tout le monde sur les nerfs.

Un point noir qui dure
Aux heures de pointe, il y a une grande saturation car les accès et les sorties, notamment via la Route X, la RN8 et les échangeurs de Montplaisir et de l’Aéroport connaissent d’immenses embouteillages. Le matin dès 7 heures et au-delà de 9h00 des milliers de conducteurs se retrouvent piégés, ne pouvant ni avancer, ni reculer. Rebelote en fin d’après-midi entre 16 heures et 18h30.
En plus l’offre de parking y est largement insuffisante par rapport au nombre quotidien de véhicules. Cela pousse de nombreux conducteurs à se garer de manière anarchique sur les trottoirs et le long des voies de circulation, ce qui réduit la largeur utile de la chaussée et aggrave le blocage.
En outre, la zone voit cohabiter un trafic dense de poids lourds (livraisons d’usines et entrepôts) avec un flux massif de voitures particulières et de taxis, créant des goulots d’étranglement aux ronds points où personne ne veut céder le passage à l’autre.
L’impact des travaux routiers de l’entrée sud de Tunis et les changements fréquents obligent les automobilistes venant de la banlieue sud en direction de la Charguia à modifier leurs itinéraires, provoquant d’importants ralentissements. Cette centralisation excessive créée par les usines, les nombreux dépôts et les administrations font que les voies d’accès s’engorgent chaque jour durant des heures.

Des solutions existent
Ajoutez à cela les comportements anarchiques, l’indiscipline, le non-respect des voies réservées comme les couloirs de bus et le stationnement en double file réduisent de façon critique la capacité des routes existantes et vous aurez une idée précise de la situation. Les congestions s’accompagnent fréquemment d’accrochages légers qui, faute de dégagement rapide des véhicules, bloquent des axes entiers pendant de longues périodes.
L’une des solutions préconisées par divers conducteurs consiste à créer plus de virages tout au long de la route X au lieu des deux seules entrées existant actuellement. Car ce sont surtout ces deux entrées saturées qui créent les problèmes de fluidité, obligeant ceux qui passent à ces niveaux de la route X à se pousser sur la voie de l’extrême gauche, la seule qui reste libre.
Il faut surtout penser au transport collectif qui encouragerait les travailleurs de cette zone à ne plus utiliser leurs voitures. Car le déficit en transports collectifs et le manque de couverture optimale des réseaux de transports en commun pousse un grand nombre de travailleurs à privilégier la voiture individuelle ou les taxis, augmentant mécaniquement le nombre de véhicules sur le réseau.

Y.M. 

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