L’Institut supérieur de l’histoire de la Tunisie contemporaine inaugure, à partir de ce jeudi 26 mars à Hammamet, son congrès annuel, placé sous le thème : « Indépendance : militantisme, négociation et quête de souveraineté ». Cette rencontre scientifique de grande envergure, organisée à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de l’indépendance, constitue un moment privilégié pour revenir sur les périodes et les circonstances décisives qui ont jalonné le long parcours vers l’indépendance tunisienne, obtenue le 20 mars 1956, après des décennies de lutte acharnée et de sacrifices collectifs immenses. Elle offre aux historiens, chercheurs et spécialistes un espace d’analyse approfondie, permettant de revisiter non seulement les événements qui ont conduit à la libération nationale, mais aussi les stratégies politiques, diplomatiques et sociales mises en œuvre par les acteurs de l’époque.
Les travaux du congrès ont été officiellement lancés par un mot de bienvenue prononcé par le directeur de l’Institut, l’historien Khaled Abid. Durant trois jours, des sessions plénières, des panels thématiques et des ateliers permettront aux participants de débattre de manière approfondie des dimensions multiples de l’indépendance, en examinant le rôle central du militantisme local, l’importance des négociations avec la puissance coloniale, et la construction progressive d’une souveraineté nationale affirmée.
Ce congrès bénéficie d’une dimension internationale remarquable, réunissant des chercheurs et experts issus de grandes universités et centres de recherche de plusieurs pays, parmi lesquels la France, la Libye, l’Algérie, le Maroc, la Palestine, le Liban, le Royaume-Uni, l’Égypte et l’Italie. Cette diversité permet de situer l’expérience tunisienne dans un contexte régional et global, d’analyser les influences croisées entre mouvements nationalistes et de comparer les parcours de décolonisation. Des échanges approfondis seront menés notamment avec des spécialistes de l’histoire de l’Algérie, du Maroc et de la Libye, pays voisins qui partagent avec la Tunisie un héritage commun de militantisme et de résistance contre l’occupation.
Les débats porteront sur les événements majeurs ayant marqué l’indépendance tunisienne, de la mobilisation des élites politiques et des partis nationalistes à la participation active des populations locales. Les panélistes et chercheurs exploreront également les conséquences politiques, sociales et économiques de cette étape cruciale, en mettant en lumière les enjeux de la souveraineté retrouvée et la manière dont cette indépendance a été consolidée à travers les institutions et les politiques publiques mises en place dans les années qui ont suivi 1956.
Par ailleurs, le congrès offre une réflexion sur la portée symbolique de l’indépendance dans le cadre du processus de construction nationale, ainsi que sur son influence sur les mouvements de libération et les luttes pour l’autodétermination dans la région nord-africaine et au Moyen-Orient. Il permet aussi de revisiter les alliances, les rivalités et les négociations qui ont façonné l’équilibre politique de l’époque, tout en rendant hommage aux sacrifices des acteurs, souvent anonymes, qui ont contribué à l’avènement de l’État tunisien moderne.
Ce rendez-vous annuel se veut un espace unique de dialogue et de réflexion, mobilisant les regards critiques et comparatifs de chercheurs tunisiens et internationaux, afin de mieux comprendre les racines historiques de l’indépendance tunisienne, ses enjeux et ses répercussions dans la mémoire collective et la construction d’un projet national durable.
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