Crise de la CPG : la gestion des entreprises publiques est à revoir

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Décidemment, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) ne cesse depuis une quinzaine d’années de faire parler d’elle. On se rappelle tous les différents blocages de la production qui ont pris, des années durant, différentes formes. Parfois, les grèves sauvages et illimitées, d’autres fois des difficultés au niveau du transport du phosphate pour approvisionner aussi bien le marché national que le marché international, et dans ces différentes situations, ce sont les finances et l’économie nationales qui en souffrent, sans qu’on puisse voir le bout du tunnel.

La crise actuelle, lors de laquelle la CPG se trouve dans l’incapacité de payer les salaires de ses employés, confirme une situation catastrophique. Et on ne trouve pas un autre terme moins alarmant que celui de catastrophe pour qualifier la situation actuelle, car il y’a vraiment le feu dans la baraque.

Conscients des conséquences et retombées que peut générer cette crise, aussi bien au niveau national que régional. S’agissant aussi  d’un secteur vital pour notre économie et une d’entreprise publique qui absorbe un très grand nombre de la main d’œuvre active dans toute la région de Gafsa, et des régions voisines, (elle embauche environ 32 000 employés dans les différents sites du bassin minier de Gafsa), les députés de la région de Gafsa, Mohamed Ali, Mohamed Majdi, Nejib Akrimi et Nouri Jridi, ont adressé une lettre au président de la Commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement, l’exhortant à tenir en urgence une séance d’audition au ministre de l’industrie et au responsables de la compagnie qui sera consacrée à l’examen de la crise actuelle.

Il ne s’agit pas là d’une crise conjoncturelle, mais plutôt structurelle, étant donné que les chiffres confirment une baisse conséquente au niveau de la production et de la distribution qui ne cesse de s’accroitre depuis 2011. La Tunisie qui était classée avant 2011 en pole position parmi les pays exportateurs de Phosphate, se trouve aujourd’hui reléguée à une position inférieure, laissant au passage du terrain aux autres pays concurrents. La production annuelle qui était avant 2011 de 8 000 tonnes annuels, se trouve réduite actuellement à 4 000 tonnes, et au meilleurs des cas à 5 000 tonnes.

C’est ce qui explique une situation déficitaire puisque les revenus de la compagnie ne peuvent plus couvrir ses dépenses qui comprennent une masse salariale importante, l’entretien des machine d’extraction du phosphate, la logistique nécessaire pour la production, etc.

Pourquoi sommes-nous arrivés là ?

Des points défectueux sur toute la chaine de travail de la compagnie sont à pointer par le doigt. De la production jusqu’à la transformation, et incluant les mouvements sociaux récurrents, les blocages logistiques, le vieillissement des infrastructures, ainsi qu’une gouvernance défaillante, tous ces facteurs sont pourtant bien connus par tous les acteurs, par les médias et par l’opinion publique. Mais qu’avons-nous fait pour remédier à tout ça ?

Le rôle de la tutelle est supposé être, entre autre, la mise en place des plans de restructuration et des stratégie d’améliorations des secteurs en difficulté, surtout s’ils sont vitaux pour l’économie nationale. Qu’avons-nous fait de tout ça ?

Le fait que la CPG se trouve dans l’incapacité de verser les salaires de ses employer risque d’avoir un effet boule de neige, car ses retombées, sur le plan social surtout, seront certainement graves.

Krimi Abderrazek

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