Béchir Hmidi s’est éteint lundi 24 août 2026, laissant derrière lui le souvenir d’un homme droit et intègre, qui a marqué l’histoire des médias publics tunisiens par sa rigueur et sa constance. Il fut d’abord nommé à la tête de la Radio-Télévision tunisienne à la fin des années 1980, avant de revenir brièvement aux commandes de la Télévision nationale entre janvier et février 2011.
Au début du régime du 7 novembre, alors que le pouvoir affichait une volonté d’ouverture médiatique, Béchir Hmidi s’engagea sincèrement à élargir les espaces de liberté sur les ondes. Cette indépendance lui valut rapidement l’hostilité du ministère de l’Information, qui tenta de freiner ses initiatives et chercha à obtenir son éviction, avec l’appui de cercles d’influence proches de la présidence.
Son départ fut précipité par deux choix éditoriaux : la relégation d’une visite présidentielle à la mosquée Zitouna au quatrième rang du journal de 20h, et la diffusion d’un reportage sur les conditions de travail difficiles des douaniers aux postes frontaliers. Démis de ses fonctions dès le lendemain, il laissa le souvenir d’un dirigeant courageux, qui avait toujours assumé pleinement la ligne éditoriale de son établissement.
Il se reconvertit ensuite avec succès dans le secteur privé, après être passé par d’autres fonctions publiques, en concrétisant notamment un partenariat d’affaires avec des investisseurs italiens.
Un retour au cœur de la tempête post-révolutionnaire
Sorti de sa retraite au lendemain de la révolution du 14 janvier, il accepta de reprendre la direction de la Télévision tunisienne, dans un climat de fortes tensions institutionnelles et syndicales. Mais il traversait alors une épreuve personnelle : son fils, gravement malade, devait subir une intervention lourde en France avant de tragiquement décéder. Accaparé par ce drame familial, il ne disposait plus de la disponibilité d’esprit nécessaire pour faire face aux ambitions et aux pressions politiques qui l’entouraient.
Fragilisé par cette épreuve et confronté à des contestations internes, il quitta ses fonctions au bout d’à peine un mois, à la suite d’un désaccord sur sa stratégie de communication — marquée notamment par une intervention télévisée d’une heure destinée à répondre aux accusations portées contre lui.
Béchir El Hmidi qui avait occupé le poste de Gouverneur de Nabeul, laisse l’image d’un grand commis de l’État, qui a toujours fait passer son intégrité et ses principes au-dessus des jeux de pouvoir.
Paix à son âme.
(D’après le journaliste Khaled Njah)