Le militant de gauche Lakhdhar Lela s’est éteint mardi 20 octobre 2026 à Tunis. Pendant plus de cinquante ans, il a mis son énergie au service de l’engagement politique et associatif, des deux côtés de la Méditerranée.
Son nom reste attaché à l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire de la gauche tunisienne : la révolte étudiante de février 1972, connue sous le nom de « Samedi noir ». Les étudiants contestaient alors la mainmise du Parti socialiste destourien, au pouvoir depuis l’indépendance, sur l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET). Au congrès de Korba, en août 1971, les courants opposés au régime avaient obtenu la majorité sans parvenir à contrôler les instances du syndicat. Le 5 février 1972, la police avait fait irruption à la faculté de droit de Tunis, où se tenait un congrès extraordinaire, dispersé les étudiants et procédé à des arrestations massives. Derrière la défense de l’autonomie syndicale, c’était tout le modèle politique de Bourguiba qui était remis en cause.
Contraint de quitter le pays pour poursuivre ses études, il s’est installé en France sans pour autant renoncer à son combat. En 1982, il a participé à la création de l’Association des Tunisiens en France (ATF), dont il a été durant de longues années le délégué général, avant d’en prendre la présidence en 2013.
Sur le plan politique, il a longtemps milité en indépendant, proche du Parti communiste tunisien, avant de rejoindre le mouvement Ettajdid, puis Al Massar dès sa fondation en 2012, au sein de la section France Nord. Son nom figure aussi parmi les représentants des organisations de l’immigration à la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, en 2011.