Détérioration des conditions de vie en Libye : désobéissance civile et fermeture du ministère des Affaires étrangères

La colère populaire a gagné du terrain dans les villes de l’ouest libyen, plusieurs mouvements citoyens ayant appelé à des manifestations et à une campagne de désobéissance civile pour exiger le départ du gouvernement d’union nationale. Cette mobilisation intervient sur fond de détérioration des conditions de vie et de blocage persistant du processus politique.
La situation a rapidement pris une nouvelle tournure lorsque le mouvement de Souk El-Jomaa a annoncé la fermeture du siège du ministère des Affaires étrangères, dans la capitale Tripoli. Les protestataires ont présenté cette action comme faisant partie d’une campagne plus large de désobéissance civile, visant à paralyser plusieurs institutions gouvernementales afin de faire pression pour mettre fin au mandat de l’exécutif dirigé par Abdelhamid Dbeibah.
Ce geste marque une étape importante dans l’escalade, puisqu’il s’agit d’un des développements les plus marquants depuis le retour des manifestations dans les rues de Tripoli : la contestation n’est plus seulement descendue sur les places publiques, elle cherche désormais à bloquer concrètement le fonctionnement des institutions de l’État.
Plusieurs villes et quartiers de l’ouest libyen ont connu des mouvements de protestation similaires, accompagnés de coupures de routes à l’aide de pneus enflammés et de talus de terre.
Cette agitation survient alors que le pays traverse une vague de chaleur exceptionnelle depuis plusieurs jours, à l’origine de coupures d’électricité généralisées et de délestages prolongés — dépassant, dans certains quartiers, quatorze heures par jour. Cette crise énergétique a joué un rôle déclencheur dans la colère populaire, s’ajoutant à des revendications plus larges portées par les manifestants : la fin du mandat du gouvernement d’union nationale, l’organisation rapide des élections présidentielle et législatives, la reddition de comptes de la part des responsables impliqués dans des affaires de corruption, ainsi que l’amélioration des services essentiels — électricité, santé et sécurité — dont souffrent quotidiennement les citoyens.
Face à cette agitation, le gouvernement n’a pour l’instant pas réagi officiellement, tandis que la force chargée de la protection des locaux de la présidence du Conseil des ministres a appelé la population à la retenue, mettant en garde contre les rumeurs et les appels susceptibles d’attiser le chaos ou de porter atteinte aux biens publics et privés.
Cette flambée de contestation s’inscrit dans un contexte plus large de blocage politique prolongé en Libye, un pays confronté depuis plus de quinze ans à une crise institutionnelle persistante, marquée par la multiplication des initiatives régionales et internationales de médiation et par l’absence d’accord entre les institutions rivales sur la base constitutionnelle et les lois électorales — une situation qui a conduit à la prolongation répétée de la période de transition et au maintien du différend sur la légitimité des organes exécutifs en place.

(Agences)

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