Le conflit en cours au Moyen-Orient provoque des perturbations majeures sur l’une des routes maritimes les plus stratégiques de la planète. Selon les données publiées par la société d’études de marché énergétique Kpler, le trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz a enregistré une chute vertigineuse de 90% depuis le début de la guerre avec l’Iran. L’information, diffusée sur le réseau social X, a été confirmée par le site MarineTraffic dont les analyses indiquent que « le nombre de transits de pétroliers est actuellement inférieur de 90% à celui de la semaine dernière ».
Le déclin ne signifie pas pour autant un arrêt complet des activités dans la zone. Matt Wright, analyste chez Kpler, apporte des précisions sur la situation actuelle. Il explique que certains pétroliers continuent malgré tout de traverser le détroit d’est en ouest. Une pratique interpelle toutefois les observateurs : ces navires naviguent « parfois avec leurs transpondeurs désactivés ». Par ailleurs, l’analyste souligne que cette situation contraste avec celle d’autres types de navires dont les mouvements sont, eux, « largement à l’arrêt ».
L’effondrement du trafic dans cette voie maritime, large d’environ 30 kilomètres à son point le plus étroit, fait peser des menaces sur l’approvisionnement énergétique mondial. Environ 20% du pétrole brut mondial transite habituellement par ce passage. Par conséquent, les pays importateurs, notamment asiatiques, surveillent avec attention l’évolution de la situation. En plus de la baisse des volumes disponibles, les coûts d’assurance pour les rares navires qui s’aventurent encore dans la zone ont considérablement augmenté. Qui plus est, l’immobilisation d’une partie de la flotte pétrolière dans la région bloque des millions de barils destinés aux marchés internationaux. Cette situation met en lumière la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement énergétiques face aux tensions géopolitiques.