Ebola touche encore une fois l’Afrique centrale

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est dit hier 19 Mai 2026 « profondément préoccupé par l’ampleur et la rapidité » de l’épidémie du virus Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC), l’Ouganda et le Sud du Soudan.

Il a ajouté, lors du 2éme jour de l’assemblée annuelle des États membres de l’OMS, rapporté par le site officiel de l’organisation, que le comité d’urgence sera convoqué dès mardi « afin qu’il nous formule des recommandations temporaires ».

Dans son discours devant l’Assemblée mondiale de la santé, Tedros a affirmé ne pas avoir pris cette décision « à la légère », mais « conformément à l’article 12 du Règlement sanitaire international, après avoir consulté les ministres de la Santé des deux pays ».

Le site de l’OMS indique qu’en RDC, précisément dans la province d’Ituri au nord-est du pays, 30 cas sont déjà confirmés comme étant atteints par le virus Ebola. Ceci confirme vraisemblablement l’existence d’une épidémie.

Au-delà de ces cas confirmés, l’OMS a déjà recensé plus de 500 cas douteux et 130 décès suspect. Des chiffres très proches de ceux annoncés par le ministre de la santé congolais qui a fait état d’exactement 131 décès et de 513 cas suspects.

Selon l’agence sanitaire mondiale de l’ONU (OMS), ces chiffres évolueront, en baisse ou en hausse, à mesure que les opérations sur le terrain s’intensifient, notamment le renforcement de la surveillance, la recherche des contacts et les tests de laboratoire.

De son côté, l’Ouganda a également signalé deux cas confirmés dans la capitale, Kampala, dont un décès, chez deux personnes venues de la RDC.

Ce sont là, pour le directeur général de l’OMS, des raisons valables pour déclencher immédiatement, depuis dimanche et avant même qu’il ne se prononce devant l’assemblée des pays membres, une alerte sanitaire internationale.

Ce qui démontre la gravité de la situation, c’est que cette manière de procéder pour décréter une urgence sanitaire internationale est inédite. En effet, c’est la première fois dans l’histoire de l’OMS qu’une urgence de portée internationale soit décréter sans avoir préalablement convoqué le comité d’experts.

Dans son discours à l’assemblée des pays membres, Tedros a indiqué que « La province d’Ituri est très instable. Le conflit armé (lié à la guerre civile) s’est intensifié depuis fin 2025, et les combats se sont considérablement aggravés au cours des deux derniers mois, entraînant des pertes civiles. Plus de 100 000 personnes ont été récemment déplacées », a-t-il insisté.

S’exprimant depuis Bunia (Ituri) lors d’un point de presse, la représentante par intérim de l’OMS en RDC, Anne Ancia, a jugé la flambée épidémique « extrêmement préoccupante ». « Elle survient, ajoute-t-elle, dans un contexte épidémiologique, opérationnel et humanitaire très complexe ».

Selon elle, plusieurs facteurs incitent à craindre une propagation et une augmentation du nombre de décès. L’épicentre de l’épidémie se situe en Ituri, province du nord-est congolais, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Dans cette région aurifère, d’intenses mouvements de population liés à l’activité minière ont lieu quotidiennement et « augmentent le risque de propagation ».

La représentante de l’OMS indique, en outre, que « l’autre inquiétude est due au fait que des cas ont été signalés dans des zones urbaines, notamment à Kampala (capitale de l’Ouganda) et dans la ville congolaise de Goma. De plus, des infections ont été signalées parmi le personnel de santé, ce qui indique une transmission associée aux soins de santé ».

Pour elle, l’engagement des communautés sera essentiel pour contenir cette épidémie qui commence à faire des ravages.

« Nous travaillons, déclare-t-elle, en étroite collaboration avec le gouvernement, les dirigeants locaux et d’autres partenaires pour écouter les communautés et travailler avec elles ». Et d’ajouter, « Ce que je vois ici, ce sont des personnes qui travaillent ensemble, tout en étant confrontées à une grande incertitude quant à l’ampleur et à l’étendue de cette épidémie ».

(source: site de l’OMS)

Krimi Abderrazek

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