En France, une fin de règne chaotique

Il l’aura voulu. M. Macron achève son deuxième – et dernier – mandat, affaibli : une litote ? Autant dire qu’il est, comme convenu dans le langage pugiliste, groggy.

Les images qui ont fait le tour du monde des avatars de la manifestation du 17 octobre resteront à jamais gravées dans la mémoire collective des Français qui, pourtant, en ont vu bien d’autres. Mais cette fois-ci, c’est l’État lui-même qui est à bas. Jamais, autant que l’on sache, depuis les barricades de Mai 68 – parole de soixante-huitard ! -, les édifices de l’autorité n’ont été à ce point attaqués avec férocité.

Ce fut une curée furieuse contre l’hôtel de ville de Limoges et, à un moindre degré, celui de Marseille.

Jusqu’à récemment et à travers les sondages d’opinion, le maire, en France, est la personnalité la plus appréciée par les Français, avant même le curé et l’instituteur.

Que s’est-il passé pour en arriver là ?

C’est, à mon avis, un trait marquant de ces événements douloureux et qui risquent de constituer un tournant historique.

La douce France, chantée naguère par Charles Trenet, est aujourd’hui malmenée, violentée et humiliée. Qui l’eût cru !

Cette fois-ci, ce n’est pas comme le fit chanter Victor Hugo par Gavroche dans Les Misérables : « Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire ».

Aujourd’hui, il faut chercher l’erreur non point du côté de chez Swann, une réminiscence proustienne, mais du côté de la rue du Faubourg-Saint-Honoré et plus précisément de l’hôtel particulier construit par Claude Mollet en 1718 pour le comte d’Évreux et devenu, à partir de 1873, le siège du pouvoir suprême.

À force de jouer à l’équilibriste, le locataire de l’Élysée finit par perdre pied. Conseillé par personne, il crut bon de dissoudre l’Assemblée le soir de son désaveu par les Français lors des élections européennes. Les élections législatives qui ont suivi ont donné la prééminence aux partis de gauche. N’eût-il pas été logique de leur ouvrir en conséquence les portes de Matignon au lieu de finasser en sacrifiant sur l’autel du Palais-Bourbon deux Premiers ministres, MM. Barnier et Bayrou ?

Il se serait allègrement libéré d’un poids qui, apparemment, lui pesait, avec l’Ukraine par-ci et la dette publique par-là.

La gauche aurait assumé le lourd héritage de la macronie. Il quitterait les affaires à bon compte.

Mais que voulez-vous !

Ainsi font les dirigeants téméraires qui, quoi qu’il en coûte, ne soignent guère leur sortie. Nous croyions jusque-là que ce sont les dirigeants des pays du tiers-monde qui sont dans cette posture. Oh que nenni ! L’un d’eux, le président égyptien Abdelfattah Sissi, vient de prévenir ses concitoyens qu’il ne briguerait aucun mandat au-delà de 2030.

La sagesse deviendrait-elle l’apanage des pays de l’hémisphère Sud ? Chiche !*

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