Exportations algériennes de GNL : Une hausse de plus de 70% en deux semaines

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Les premières secousses du conflit déclenché le 28 février au Moyen-Orient se font déjà sentir sur les marchés énergétiques. L’Algérie a en effet vu ses livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) bondir durant la première quinzaine de mars. Selon les données publiées mardi 17 mars par la plateforme spécialisée Attaqa, les exportations algériennes de GNL ont atteint 462.000 tonnes au cours des deux premières semaines de mars. Ce volume marque une progression de 74 % par rapport aux 250.000 tonnes enregistrées sur la même période en février. Par ailleurs, comparées aux livraisons de la première quinzaine de mars 2025, elles affichent une hausse de 56 %.

Cette accélération s’observe également d’une semaine à l’autre. Les exportations sont passées de 201.000 tonnes lors de la première semaine de mars à 261.000 tonnes la semaine suivante, soit une augmentation de 29 %. Selon la plateforme spécialisée, cette évolution reflète la capacité de l’Algérie à répondre à une demande accrue, notamment en provenance d’Europe. Sa position géographique sur le bassin méditerranéen lui permet en effet de maintenir ses flux en évitant les perturbations qui affectent le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part importante des exportations mondiales de GNL.
Des sources citées par Attaqa indiquent que le pays cherche à tirer profit des prix du marché spot du GNL. Des préparatifs sont en cours pour accélérer le chargement des cargaisons dans les prochains jours. Qui plus est, une partie des volumes pourrait être réorientée vers certains pays arabes, notamment l’Égypte, la Jordanie, le Koweït et Bahreïn.

Concernant les destinations, plusieurs pays européens ont accru leurs réceptions de GNL algérien. La France a enregistré une hausse des volumes reçus, passant de 65.000 tonnes lors de la première semaine de mars à plus de 108.000 tonnes la deuxième semaine. Les livraisons vers la Turquie ont également progressé, de 61.000 à 76.000 tonnes sur la même période.
L’Espagne a pour sa part reçu une cargaison de 75.000 tonnes au début du mois, la première depuis trois mois. De son côté, la Croatie a réceptionné 76.000 tonnes, une première depuis juillet 2025. En plus du GNL, l’Algérie demeure un fournisseur important de gaz naturel acheminé par gazoduc, notamment vers l’Italie et l’Espagne.
En parallèle, les exportations de pétrole ont évolué à la baisse sur la même période. Selon Energy Research Unit, elles ont reculé de 22,7 % durant les deux premières semaines de mars, avec une moyenne de 270.000 barils par jour contre 350.000 barils par jour au cours des deux premières semaines de février. Une reprise partielle a toutefois été observée lors de la deuxième semaine de mars, avec des volumes atteignant 336.000 barils par jour.
Les principaux clients du pétrole algérien restent le Royaume-Uni avec 114.000 barils par jour, suivi de l’Espagne (113.000), des Pays-Bas (109.000) et de la France (47.000).
Par ailleurs, l’Espagne envisage d’augmenter ses importations de gaz naturel en provenance de l’Algérie via gazoduc. Selon des informations rapportées mardi par l’agence Bloomberg, des discussions ont eu lieu entre le gouvernement espagnol et Naturgy, qui exploite le gazoduc Medgaz entre l’Algérie et l’Espagne. Ces échanges portent sur une possible augmentation des volumes transportés afin d’utiliser cette infrastructure à un niveau proche de sa capacité maximale.
Cette réflexion intervient alors que les prix du gaz en Europe ont progressé depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Outre les perturbations affectant le détroit d’Ormuz, QatarEnergy a suspendu l’activité de l’un de ses principaux sites d’exportation après une attaque de drone. Face à cette conjoncture, les autorités espagnoles préparent des mesures pour atténuer les effets de la hausse des prix. Un plan d’aide doit être annoncé le 20 mars et concernera notamment les secteurs industriels les plus consommateurs d’énergie.

Le gazoduc Medgaz, qui relie directement l’Algérie à l’Espagne sous la mer Méditerranée, dispose d’une capacité théorique de 32 millions de mètres cubes par jour. D’après des données de BloombergNEF, les flux quotidiens ont atteint en moyenne environ 28 millions de mètres cubes en janvier et février, un niveau qui devait se maintenir en mars avant l’évolution récente de la situation. L’infrastructure est détenue majoritairement par le groupe Sonatrach à hauteur de 51 %, le reste étant contrôlé par un partenariat associant Naturgy et BlackRock. Le gazoduc Medgaz est long d’environ 210 kilomètres.

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