Fatwa et égalité successorale : l’université de la Zeitouna s’explique

On se souvient encore de la polémique qui a enflé autour de la fatwa à laquelle des cheikhs de la Zitouna ont appelé pour sanctionner les députés favorables à l’égalité successorale. L’ancien ministre des Affaires religieuses, Mohamed Khalil, a pris ses distances vis-à-vis de cette annonce.
En marge d’une conférence organisée ce mardi 25 décembre 2018, le cheikh a affirmé que « l’acharnement » observé dans les médias contre les cheikhs a porté atteinte à l’image des zeintouniens. Néanmoins, Mohamed Khalil a critiqué le projet de loi sur l’égalité successorale, affirmant qu’il représente une menace pour la paix familiale et qu’il participera à la prolifération des crimes.
A titre de rappel, l’enseignant de la Chariaa à l’université de la Zitouna Ilyes Dardour a affirmé le 18 décembre courant que les cheikhs zeitouniens étaient en train de travailler sur une fatwa destinée aux députés. Elle devait interdire le vote pour les élus favorables à l’égalité successorale lors des prochaines échéances électorales.
D’autre part, le Mufti de la République, Othmane Battikh, a lui aussi réagi à la polémique de l’émission de la Fatwa. Dans une déclaration sur Shems FM ce mardi 25 décembre 2018, il a assuré que nul n’est habilité à émettre des fatwas. « Il existe une confusion entre la science, la religion et la politique, ce qui n’a pas lieu d’être », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il est impossible de poursuivre quelques cheikhs émettant des fatwas car la Constitution leur garantit la liberté d’expression. « Pour lutter contre eux, il faut avoir recours au dialogue », a encore souligné le Mufti.

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