Le Premier ministre français François Bayrou sollicite ce lundi 8 septembre 2025 la confiance de l’Assemblée nationale. Ce vote crucial intervient dans un contexte de tensions sociales, de défiance parlementaire, et de fragilité institutionnelle persistante depuis la dissolution surprise de juin 2024.
En invoquant l’article 49.1 de la Constitution, François Bayrou engage l’avenir de son gouvernement sur une déclaration de politique générale centrée sur la rigueur budgétaire, notamment un plan d’économies de 43,8 milliards d’euros destiné à ramener le déficit public sous le seuil européen des 3 %. Mais l’équation politique semble défavorable : la majorité relative du camp présidentiel ne suffit pas, et la quasi-totalité des groupes d’opposition de la gauche radicale à l’extrême droite ont déjà annoncé leur intention de voter contre.
Trois scénarios se dessinent
1. Un maintien peu probable :
Si le gouvernement obtenait la confiance à la majorité simple des députés présents, il serait politiquement renforcé. Mais cette hypothèse reste très incertaine, tant le rejet semble majoritaire.
2. La démission du gouvernement :
En cas de rejet, la Constitution impose la démission du Premier ministre. Emmanuel Macron devrait alors nommer un successeur – dans son camp ou au-delà – capable de former un gouvernement stable. Une tâche délicate, alors que les rapports de force à l’Assemblée ne permettent aucune majorité évidente.
3. La dissolution de l’Assemblée :
Cette option, évoquée en coulisses mais redoutée par l’exécutif, ramènerait les Français aux urnes. Un pari risqué, car les sondages donnent l’avantage au Rassemblement national et à la gauche unie, au détriment du bloc présidentiel.
Une crise institutionnelle plus large
Le vote de ce lundi dépasse le seul sort de François Bayrou. Il s’inscrit dans une crise politique plus large, marquée par l’érosion des partis traditionnels, l’isolement croissant du président Macron, et la montée d’un climat social explosif. Le mouvement « Bloquons tout », soutenu par plusieurs syndicats et la France insoumise, prévoit une mobilisation nationale le 10 septembre contre les mesures d’austérité.
Dans un pays où la rue reste une force politique, l’issue du vote de confiance pourrait bien être le début d’une nouvelle séquence d’instabilité. À Paris comme à Bruxelles, les regards sont braqués sur l’Assemblée nationale.