Funérailles de Khamenei : une foule entre deuil et colère

Photo AP/Altaf Qadri

Le cercueil de l’ayatollah Ali Khamenei, enveloppé dans le drapeau iranien, a été escorté lundi dans les rues de Téhéran par une foule immense vêtue de noir, brandissant des drapeaux nationaux et des pancartes hostiles à Washington. Cette grande procession autour du camion portant la dépouille de l’ancien guide suprême marquait le troisième jour d’obsèques nationales, conçues comme une démonstration de force et d’unité.

De samedi à dimanche, des Iraniens se pressaient dans l’enceinte de la Grande Mosalla pour apercevoir le cercueil aux couleurs du drapeau iranien, sur lequel le symbolique turban noir du guide suprême avait été déposé. Sur l’une des façades du vaste complexe religieux, un immense portrait de l’ayatollah dominait la foule, qui agitait face à lui drapeaux et fanions rouges, symboles du martyre.

La plupart des hauts responsables iraniens avaient assisté dimanche aux prières publiques d’hommage. Son fils et successeur Mojtaba, en revanche, n’est apparu à aucun moment depuis le début des obsèques.

Les autorités n’ont pas donné d’estimation du nombre de participants mais avaient dit attendre 15 à 20 millions de personnes au total pour rendre hommage à celui qui a dirigé le pays pendant plus de trois décennies jusqu’à sa mort. Ali Khamenei a été tué le 28 février dans sa résidence de Téhéran lors de frappes aériennes menées dans le cadre d’une opération militaire conjointe entre Israël et les États-Unis contre l’Iran.

Un appel direct à la mort de Trump

Dans la foule endeuillée, partagée entre tristesse et désir de vengeance, le slogan « kill Trump » (tuez Trump) était brandi sur des pancartes et inscrit sur des graffitis. Un maître de cérémonie, le poète Mohammad Rasouli, s’est même adressé directement à la foule pour appeler à la mort du président américain.

Après la procession à Téhéran, le cercueil doit faire escale à Qom puis dans les villes saintes irakiennes de Nadjaf et Kerbala. L’inhumation aura lieu jeudi à Machhad (nord-est de l’Iran), dont Ali Khamenei était originaire.

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