Sous la menace constante qui pèse sur les journalistes palestiniens à Gaza, des centaines de médias dans le monde de cinquante pays se mobilisent pour garantir leur sécurité et un accès indépendant à l’information. Cette campagne fait écho à un bilan alarmant, en moins de deux ans, 254 journalistes ont été tués par l’armée israélienne à Gaza, souvent ciblés dans l’exercice de leur profession.
Pour marquer leur solidarité, les médias participants ont modifié leurs Unes, leurs programmes et leurs sites web, affichant des pages noires ou diffusant des messages audio et vidéo. Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), rappelle que les journalistes palestiniens sont des civils et non des cibles militaires.
« Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza, il ne restera bientôt plus personne pour informer le monde. »
La presse internationale n’est pas autorisée à travailler librement dans le territoire palestinien, et seuls quelques médias triés sur le volet ont pu y entrer avec l’armée israélienne, leurs reportages étant soumis à une stricte censure militaire.
La campagne internationale repose sur trois revendications principales : mettre fin aux crimes commis contre les journalistes à Gaza, permettre l’évacuation d’urgence des journalistes palestiniens qui le souhaitent, et ouvrir la bande de Gaza à la presse internationale indépendante. RSF et les médias participants appellent également la communauté internationale et le Conseil de sécurité des Nations Unies à agir avant l’ouverture de la 80e Assemblée générale de l’ONU.
Parallèlement, l’association indépendante Palestine Witness, propose une initiative innovante : un navire de presse flottant positionné en face de Gaza pour permettre aux journalistes internationaux d’accompagner les confrères palestiniens, de renforcer leur protection et de garantir la continuité de l’information. Cette salle de presse provisoire, équipée de satellites et de moyens de diffusion, symbolise le droit fondamental à l’information malgré le blocus et la censure.
La mobilisation tunisienne s’inscrit directement en réponse à l’appel de l’Union internationale des journalistes pour protéger les professionnels des médias palestiniens et permettre l’accès de la presse internationale indépendante à Gaza afin de rendre compte de la réalité au public mondial. Ainsi, la Fédération tunisienne des directeurs de journaux (FTDJ) et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) ont annoncé leur adhésion à cette campagne internationale dès le 1er septembre 2025, appelant tous les médias tunisiens à soutenir les journalistes palestiniens. Cette solidarité se traduit par la mise en avant de la situation des journalistes palestiniens dans les médias locaux, la production de contenus documentant leurs conditions de travail, et la sensibilisation du public via les réseaux sociaux.