Après douze ans d’absence de la scène tunisienne, Georges Wassouf est annoncé le 20 juin en Tunisie pour un concert événement. Mais l’enthousiasme des fans se heurte à une réalité qui fait grincer des dents : le prix des billets, jugé particulièrement élevé, relance un débat déjà vif sur l’état vocal actuel d’un artiste que le temps n’a pas épargné.
C’est dans ce contexte que la grille tarifaire du concert a suscité une vive polémique. Sur les réseaux sociaux, l’indignation est palpable : comment justifier des prix aussi élevés pour un artiste dont la voix n’est plus, de l’avis général, à la hauteur de sa légende ? « On paie pour le nom, pas pour la voix », résument d’autres, dans une formule qui a fait mouche.
La question du “rapport qualité-prix” se pose avec d’autant plus d’acuité que le public tunisien, amateur exigeant de Tarab, n’est pas du genre à se contenter d’une présence symbolique sur scène. Pour beaucoup, assister à un concert dégradé à prix fort, c’est risquer de voir s’effriter le souvenir précieux d’un artiste qu’on a aimé au sommet de son art.
Le débat reste néanmoins ouvert. Une partie du public défend le droit d’aller vivre un moment de communion collective, au-delà de la performance vocale stricte. Pour eux, revoir le Sultan du Tarab après douze ans d’absence, c’est retrouver une page entière de mémoire collective, et cela n’a pas de prix. D’autres, plus lucides, préfèrent garder intacts leurs souvenirs du concert de 2012 plutôt que de risquer une déception coûteuse.