Ghar El Melh : Les flammes ont eu le dernier mot sur ce coin de paradis

Il y a des images qui n’ont pas besoin de légende pour raconter une tragédie. Celle qui circule aujourd’hui sur les réseaux sociaux en fait partie : un restaurant de Ghar El Melh, réduit à un squelette calciné, ses tables, ses terrasses — qui accueillaient encore des familles venues profiter de la mer et du charme si particulier de la lagune — aujourd’hui recouvertes de cendres.
Cette photo est l’un des visages les plus déchirants d’un incendie qui, mardi 21 juillet, s’est déclaré sur les hauteurs du mont Nadhour, entre Rafraf et Ghar El Melh, avant de s’étendre, heure après heure, à travers tout le massif forestier. Ce restaurant faisait partie de ces adresses qui font le charme et la fierté touristique de la région. Aujourd’hui, il ne reste de ce décor que des poutres noircies et une odeur de fumée qui, disent les habitants, ne veut pas quitter l’air.
Car derrière cette image, il y a une nuit entière de lutte. Pendant près de dix heures, les flammes ont progressé, hors de contrôle, gagnant sans cesse de nouveaux secteurs de la montagne, visibles depuis les plages de Rafraf, Sounine et Aïn Mestir, où estivants et habitants ont regardé, impuissants, les colonnes de fumée noire monter dans le ciel. Hélicoptères militaires, unités de la Protection civile, agents forestiers, Garde nationale : tous les moyens ont été jetés dans la bataille.
Au-delà des pertes matérielles, c’est un pan entier de l’identité touristique de Ghar El Melh et de Rafraf qui se trouve aujourd’hui menacé : ses fôrets, ses paysages entre mer et montagne, ses petites adresses familiales qui faisaient vivre toute une économie locale. Une région qui, cet été encore, se bat pour ne pas voir partir en fumée bien plus que quelques hectares de forêt — mais une part de son âme.

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