Dans une déclaration accordée ce jeudi à Réalités Online, l’ingénieur et expert en ressources en eau Mohamed Salah Glaïed est revenu sur l’incident technique survenu mercredi au barrage du Mellègue. Au cours d’une opération de transfert d’eau routinière — annoncée deux jours auparavant et portant sur environ 100 000 m³ par jour — une défaillance inattendue s’est produite en fin d’opération : l’une des trois vannes de vidange supérieures s’est retrouvée bloquée en position ouverte, rendant toute fermeture impossible. Des équipes spécialisées ont aussitôt été dépêchées sur place afin d’évaluer la situation et d’engager les opérations de réparation nécessaires.
Face à ce dysfonctionnement, les autorités compétentes ont immédiatement émis deux alertes à l’intention des agriculteurs et des riverains établis le long des berges de l’oued Mellègue : retirer sans délai tout équipement de pompage installé en bordure du cours d’eau, et prendre toutes les précautions requises pour mettre le bétail à l’abri d’une éventuelle montée des eaux.
Sur la question de la pérennité de l’ouvrage, l’expert a rappelé que le barrage du Mellègue, qui dépasse les soixante-dix ans d’existence, aurait vraisemblablement atteint la fin de sa durée de vie théorique. Il sera prochainement remplacé par le barrage du Mellègue Supérieur, dont les travaux affichent un taux d’avancement de 98 %. La mise en eau de ce nouvel ouvrage est attendue dès l’automne prochain.
Du point de vue des ressources hydriques, Glaïed a tenu à rassurer : aucun volume d’eau ne sera perdu. Les eaux relâchées s’acheminent naturellement vers le barrage de Sidi Salem, dont la capacité de stockage permet d’absorber aisément plusieurs centaines de millions de mètres cubes supplémentaires — soit plus de 200 millions de m³ additionnels. Si la situation demeure préoccupante sur le plan technique, elle reste donc pleinement maîtrisée sur le plan hydrique.
L’expert a par ailleurs insisté sur le rôle stratégique que continuera de jouer le barrage du Mellègue, même après la mise en service de son successeur : « Ce barrage ne sera pas mis hors service pour autant. Son entretien demeure indispensable et ses équipements doivent être maintenus en parfait état de fonctionnement, car il est appelé à jouer un rôle majeur en tant que point de transit au cœur de l’interconnexion hydraulique Beni Mtir – Bouhertma – Sidi Salem. »
Concluant sur une note à la fois rassurante et vigilante, Glaïed a souligné que la situation pour cette année reste sous contrôle, tout en appelant à poursuivre impérativement les efforts de sensibilisation à une gestion rationnelle de l’eau. Il a rappelé à ce titre que le secteur agricole irrigué demeure le premier consommateur d’eau du pays, avec une part de 78 % de la consommation totale selon les derniers rapports — un chiffre dont la réduction s’impose désormais comme une priorité incontournable.