Les avocats tunisiens ont observé, mercredi 18 juin 2026 une « journée de colère » marquée par un rassemblement de protestation devant le Palais de justice de Tunis et dans plusieurs juridictions du pays. Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la profession et les autorités autour de plusieurs revendications professionnelles et de questions liées à l’indépendance de la justice.
Lors de ce mouvement, les manifestants ont insisté sur le caractère professionnel de leurs revendications. Plusieurs intervenants ont souligné que leurs demandes dépassent le seul cadre corporatiste et concernent, selon eux, la préservation des garanties du procès équitable et des droits des citoyens.
« Nous ne réclamons pas des privilèges. Nos revendications concernent la profession mais aussi le citoyen », a déclaré Boubaker Bethabet, bâtonnier de l’Ordre des Avocats lors d’un discours prononcé à l’occasion du rassemblement. Il a notamment mis l’accent sur le rôle de l’avocat dans la protection du droit à la défense et le respect des principes d’une justice indépendante.
Il a également affirmé l’attachement des avocats au dialogue et à la recherche de solutions concertées. « Nous ne sommes pas des partisans du désordre, mais des défenseurs du dialogue », a-t-il martelé.
La mobilisation a été ponctuée par des slogans dénonçant la situation actuelle de la profession et critiquant le ministère de la Justice.
Le bâtonnier a estimé qu’un affaiblissement de la profession se traduirait par un recul du droit à la défense, avec des répercussions sur l’ensemble du système judiciaire. « Lorsque l’avocat s’affaiblit, le droit à la défense s’affaiblit à son tour, et c’est alors la justice elle-même qui est menacée », a-t-il déclaré.
Pour rappel, l’Ordre national des avocats avait annoncé cet arrêt de travail après avoir dénoncé l’absence de réponse du ministère de la Justice à un mémorandum adressé le 23 janvier 2026. Ce document comportait plusieurs propositions relatives à la réforme de la profession, à l’amélioration des conditions d’exercice du métier ainsi qu’à la mise en place de solutions urgentes pour préserver l’équilibre financier de la Caisse de prévoyance et de retraite des avocats. L’Ordre estime que l’ouverture d’un dialogue sérieux sur ces dossiers est devenue indispensable face aux difficultés croissantes que traverse le secteur.




