Pour leur douzième édition, les Journées Théâtrales 77 se sont ouvertes mercredi 10 juin à l’espace Cinémadart à Carthage. Cette édition qui prend cette année une dimension internationale en mettant à l’honneur la Palestine ainsi que l’Egypte et la Jordanie restera à l’affiche jusqu’au 20 juin.
La soirée inaugurale a débuté sur une note musicale, dans une ambiance feutrée, avec la prestation de l’artiste Darra Ellouze. Accompagnée de sa guitare, elle a enchanté tout le public, qui a fredonné avec elle les airs d’Édith Piaf (Padam, padam…) et le fameux Ghir Enta. Farah Yaacoubi, jeune comédienne issue de l’École 77, a ensuite pris le lead de la cérémonie.
Après un chaleureux hommage à son maître Moez Gdiri, fondateur de l’École 77, Afraa Gaâdane, directrice des Journées Théâtrales 77, a retracé l’évolution spectaculaire du festival. Initialement conçu comme un simple projet de fin d’études, il s’est transformé au fil des ans en une véritable plateforme internationale où se croisent spectacles, créations scéniques, ateliers intensifs et rencontres professionnelles.
Moez Gdiri, évoquant ses premiers pas au théâtre, a prononcé un éloge passionné du quatrième art. Il a notamment rappelé l’influence déterminante du grand dramaturge Ahmed Snoussi dans sa vocation pour la scène. En tant que directeur de l’école de formation théâtrale, École 77, il a insisté sur l’importance de la formation pour le théâtre tunisien et sur la nécessité d’accompagner les jeunes talents. « Mon objectif n’est pas de former un acteur, mais de former un être humain qui découvre sa propre identité à travers le théâtre », a-t-il déclaré.
La soirée a été marquée par la présence de grandes figures de la scène théâtrale tunisienne. Très émue, la célèbre critique Faouzia Mezzi a exprimé sa fierté de voir son parcours célébré au sein d’un espace culturel indépendant. Le critique Mohamed Moumen, véritable mémoire vivante du théâtre national, ainsi que l’illustre homme de théâtre Taoufik Jebali ont eux aussi été distingués. Enfin, portée par une immense ovation, la grande dame du théâtre tunisien Mouna Noureddine est montée sur scène, partageant avec la salle un moment d’émotion contagieuse.
La soirée d’ouverture s’est achevée avec la présentation de « Résilience 0.5 ». Cette création portée par les étudiants de première année de l’École 77 a exploré avec intelligence la richesse du non-verbal et les limites du corps. Chaleureusement applaudie par un public conquis, la pièce s’est emparée de thèmes profondément humains tels que la folie et la résilience.
A l’occasion de cette soirée, Moez Gdiri a annoncé le lancement de « LAB 77 », un laboratoire destiné à accompagner de jeunes auteurs et metteurs en scène. L’œuvre retenue à l’issue de ce cycle intensif de formation constituera le spectacle d’ouverture de la treizième édition des Journées Théâtrales 77, prévue en juin 2027.
Entre session de formation en écriture théâtrale, atelier de réalisation de courts-métrages et apprentissage de danses traditionnelles, les journées s’annoncent variées et le rythme intense.
Romane Losardo






