La Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance mondiale

Un nouveau rapport de la Banque mondiale, intitulé « Perspectives économiques mondiales », dont Mosaïque FM a obtenu une copie, révèle que l’escalade du conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie qui en a résulté entraîneront un ralentissement de la croissance économique mondiale à 2,5 % au cours de l’année 2026, dans un contexte de persistance attendue des pressions inflationnistes et de durcissement des politiques monétaires dans plusieurs économies.

Le rapport indique que les économies des marchés émergents et en développement enregistreront la plus faible croissance du revenu par habitant depuis la pandémie de Covid-19, alors que les risques restent orientés à la baisse, en raison d’une possible extension des hostilités, de la persistance des perturbations sur les marchés des matières premières et de l’escalade des tensions géopolitiques. En revanche, il souligne que l’expansion du recours aux technologies de l’intelligence artificielle pourrait offrir un coup de pouce positif à l’activité économique mondiale.

La Banque mondiale a affirmé que la phase actuelle nécessite une réponse politique forte, passant par la protection de la sécurité énergétique et alimentaire, le renforcement du système commercial mondial, la poursuite de la transition énergétique, ainsi que la réalisation d’un équilibre entre la lutte contre l’inflation, le soutien à la croissance économique, le renforcement de la soutenabilité des finances publiques et la création d’emplois. Le rapport prévoit un ralentissement de la croissance économique dans toutes les régions des marchés émergents et des économies en développement au cours de l’année 2026, la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan étant considérée comme la plus touchée par les répercussions du conflit, tandis que l’Asie du Sud conserve sa position de région à la croissance la plus rapide au monde, malgré un ralentissement de son rythme.

Selon les estimations, la croissance dans la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan devrait tomber à 1,6 % en 2026, avant de se redresser à 5 % en 2027. La croissance devrait également atteindre 4,2 % en Asie de l’Est et dans le Pacifique, 2,1 % en Europe et en Asie centrale, 2,2 % en Amérique latine et dans les Caraïbes, tandis que l’Asie du Sud enregistrera 6,3 % et l’Afrique subsaharienne 4 % au cours de la même année. Le rapport estime que les différentes régions devraient retrouver leur élan de croissance au cours de la période 2027-2028, soutenues par la baisse des prix de l’énergie et l’amélioration de l’activité économique mondiale.

La Banque mondiale a mis en garde contre le fait que l’augmentation du niveau de la dette publique rend plus difficile la réponse des pays en développement aux crises et le financement des priorités de développement, notant que la dette publique totale de ces économies est passée de moins de 40 % du PIB en 2010 à plus de 70 % actuellement.

Elle a expliqué que l’élévation de la dette entraîne une augmentation des coûts d’emprunt, en particulier dans les pays les plus exposés aux risques, ce qui nécessite de renforcer la mobilisation des recettes, d’améliorer la gestion de la dette et de créer davantage d’espace budgétaire pour investir dans les infrastructures, la santé et l’éducation. Le rapport a également abordé la situation des pays exportateurs de matières premières, qui représentent environ les deux tiers des économies en développement, soulignant qu’ils sont confrontés à des situations financières plus fragiles en raison de leur dépendance à des recettes volatiles et moins diversifiées, les appelant à adopter des règles budgétaires claires, à renforcer les fonds souverains et à diversifier leurs sources de revenus.

Le vice-président des économistes en chef et directeur du groupe des Perspectives de développement de la Banque mondiale, Ayhan Kose, a déclaré que le conflit actuel « a jeté une ombre sur l’activité économique mondiale, mais chaque crise porte aussi en elle une opportunité », insistant sur la nécessité de tirer parti de cette phase pour renforcer les cadres des politiques économiques, investir dans les infrastructures, accélérer les réformes favorisant l’environnement des affaires et mobiliser les capitaux privés afin de contribuer à la création d’emplois à grande échelle. Le rapport conclut que les défis liés à la hausse des prix de l’énergie, à l’intensification des pressions inflationnistes et à l’élévation des niveaux d’endettement resteront parmi les principaux facteurs influençant la performance de l’économie mondiale dans les années à venir, ce qui rend l’adoption de politiques économiques plus flexibles et durables essentielle pour renforcer la capacité à faire face aux chocs et à parvenir à une croissance plus stable.
MBY

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