La Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH) a exprimé, dans un communiqué publié mardi, sa préoccupation face à ce qu’elle qualifie de détérioration continue de la situation des droits et libertés en Tunisie, sur fond de crise économique et sociale persistante.
À l’approche de la commémoration de la Fête des martyrs, la Ligue estime que les développements récents confirment la poursuite de la crise à différents niveaux. Elle évoque notamment une aggravation des difficultés économiques et sociales, accompagnée, selon elle, d’un recul du climat des droits et libertés, marqué par des atteintes répétées aux droits fondamentaux, des poursuites liées à l’expression d’opinions, ainsi que des restrictions visant le travail associatif et la participation citoyenne.
La LTDH fait part de son inquiétude quant aux répercussions de la situation sociale, citant la baisse du pouvoir d’achat, la dégradation du système de santé public et les pénuries de médicaments essentiels, susceptibles, selon elle, d’affecter le droit à la santé. Elle mentionne également les difficultés des caisses sociales et l’absence d’indicateurs jugés probants pour une sortie de crise.
Sur le plan politique et judiciaire, l’organisation relève des mesures qu’elle considère comme portant atteinte aux fondements de l’État de droit. Elle dénonce notamment des restrictions touchant les libertés d’expression, de la presse, d’organisation et de manifestation pacifique, ainsi que des poursuites visant des acteurs de la société civile et des défenseurs des droits humains.
La Ligue évoque par ailleurs une instrumentalisation du pouvoir judiciaire et fait référence à plusieurs affaires récentes, dont celles impliquant Sonia Dahmani, Riadh Ben Fadhel, Chawki Tabib, ainsi qu’Anas Hmaidi, président de l’Association des magistrats, en plus de l’ouverture d’enquêtes visant des membres de l’instance de gestion de la « Caravane de la résilience ».
Sur le plan social, la LTDH met en garde contre l’aggravation de la situation économique des citoyens et exprime son soutien aux mouvements sociaux revendiquant de meilleures conditions matérielles et professionnelles, y compris les mobilisations du secteur de l’enseignement secondaire.
Par ailleurs, l’organisation rejette un projet de loi relatif au financement des associations, qui prévoirait une autorisation préalable de la présidence du gouvernement. Elle considère que cette mesure pourrait restreindre l’indépendance des associations et constituer un recul par rapport aux acquis en matière de liberté associative.
Dans ce contexte, la LTDH appelle les composantes de la société civile à une mobilisation commune face à ce projet, et invite les autorités à garantir le respect des libertés publiques et à engager un dialogue avec les différents acteurs. Elle appelle également le ministère de la Justice à revenir sur la décision empêchant ses représentants de visiter les établissements pénitentiaires.
La Ligue réaffirme enfin son engagement en faveur de la défense des droits et libertés, appelant au respect des obligations constitutionnelles et internationales de la Tunisie et à l’ouverture d’un dialogue en vue de surmonter la crise actuelle.