L’Algérie réactive le traité d’amitié avec l’Espagne

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé jeudi 26 mars la réactivation du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération liant l’Algérie à l’Espagne. Cette décision a été communiquée au ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares, reçu en audience à Alger.
Ce traité avait été signé en octobre 2002. Sa suspension par Alger remonte à juin 2022, soit trois mois après le déclenchement d’une crise diplomatique entre les deux pays. En mars 2022, Madrid avait apporté son soutien aux positions du Maroc sur le dossier du Sahara occidental. En réaction, l’Algérie avait rappelé son ambassadeur à Madrid et avait suspendu cet accord bilatéral. La décision de réactiver le traité a été prise par le président algérien lors de l’audience accordée au chef de la diplomatie espagnole. Selon le communiqué publié par la présidence algérienne, cette rencontre a permis de passer en revue l’état des relations algéro-espagnoles ainsi que leurs perspectives. Le texte précise que ces relations connaissent actuellement une consolidation et une diversification.
Un retour à la normale après trois ans de gel
La suspension du traité avait duré près de trois ans. Pendant cette période, les échanges commerciaux entre les deux pays n’avaient pas totalement cessé. L’Espagne est restée l’un des principaux clients du gaz algérien, avec environ 30 % de ses approvisionnements en gaz naturel provenant de l’Algérie. Par ailleurs, les échanges non énergétiques représentaient avant la crise un volume annuel de plusieurs centaines de millions d’euros. Qui plus est, les canaux de communication diplomatiques étaient restés ouverts même au plus fort des tensions, ce qui a facilité les discussions préalables à cette réactivation. En plus de ces considérations économiques, les deux pays partagent des intérêts communs en matière de sécurité régionale, notamment face à l’instabilité au Sahel et aux flux migratoires en Méditerranée.
Les implications de cette réactivation
La remise en vigueur du traité signé en octobre 2002 rétablit un cadre juridique complet entre Alger et Madrid. Ce texte encadre la coopération dans des domaines variés : sécurité, énergie, migration et lutte contre le terrorisme. D’autre part, cette décision intervient après une série de contacts entre les deux capitales ces derniers mois. La visite de José Manuel Albares à Alger est la première d’un responsable espagnol de ce rang depuis 2021. Par conséquent, cette réactivation ouvre la voie à une normalisation progressive des relations bilatérales. Aucune date n’a été avancée pour une éventuelle rencontre entre le président algérien et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, mais le rétablissement du traité constitue une étape concrète dans le processus de rapprochement engagé entre les deux pays.

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