Le baril de Brent atteint son plus haut niveau depuis juillet 2024

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Les cours du pétrole poursuivent leur ascension sur les marchés internationaux. Vers 11h30 GMT mardi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a grimpé de 7,94 % pour s’établir à 83,91 dollars. Il a même brièvement touché les 85,12 dollars, un seuil inédit depuis juillet 2024. Dans le même temps, son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en avril, a gagné 7,36 % pour atteindre 76,47 dollars. Cette envolée des prix trouve son origine dans les craintes des marchés quant à une prolongation du conflit au Moyen-Orient.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de la production mondiale de pétrole, soit près de 20 millions de barils par jour, est devenu impraticable. Les données du transport maritime indiquent que les volumes de transit au 1er mars ont chuté de 86 % par rapport à la moyenne de l’année 2026. Par ailleurs, plus de 40 navires liés au Japon, dont des pétroliers, sont actuellement bloqués dans le Golfe Persique. Seuls l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d’oléoducs permettant de contourner le détroit, mais leur capacité maximale n’est que de 2,6 millions de barils par jour, soit à peine 13 % du volume transitant habituellement par cette voie maritime.
Qui plus est, plusieurs installations énergétiques majeures ont été directement touchées par les frappes. La plus grande raffinerie saoudienne de Ras Tanura, d’une capacité de 550 000 barils par jour, a subi une attaque de drone entraînant un incendie et la suspension temporaire de certaines unités de production. Le Qatar a également interrompu sa production de gaz naturel liquéfié. D’autre part, Israël a cessé l’exploitation de plusieurs champs gaziers.
Les produits raffinés subissent également une flambée des prix. Les contrats à terme sur le diesel américain ultra basse teneur en soufre ont bondi de 15 % pour atteindre 3,32 dollars le gallon. L’essence a progressé de 6 % à 2,50 dollars le gallon. En Europe, les contrats sur le gazole ont grimpé de 16 % pour atteindre 1 025 dollars la tonne métrique. Les prix du gaz naturel ont également explosé, le contrat de référence néerlandais progressant de 46 %.

Par conséquent, l’agence Bernstein a relevé ses prévisions pour le baril de Brent en 2026, le portant de 65 à 80 dollars. Les analystes estiment toutefois que dans un scénario de conflit prolongé, les prix pourraient atteindre 120 à 150 dollars le baril. La volatilité des marchés devrait donc se maintenir tant que la situation sécuritaire dans la région ne sera pas stabilisée.

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