Le chancelier allemand, Friedrich Merz a affirmé, ce mercredi 18 mars, à la veille du Conseil européen, son refus de soutenir militairement les Etats‑Unis dans leur offensive contre l’Iran, une décision qui intervient dans un contexte de tensions transatlantiques intenses. Contrairement à ses déclarations au début du conflit, où il n’avait pas critiqué l’action américaine et israélienne, Merz a désormais choisi une position plus prudente, rejetant toute participation directe de l’Allemagne à une guerre ouverte dans la région.
Merz a notamment expliqué que Berlin ne peut s’engager dans un conflit sans mandat clair des Nations unies, de l’Union européenne ou de l’OTAN, et a souligné l’absence de consultation préalable par Washington avant le lancement des opérations. Cette ligne, partagée aussi par d’autres dirigeants européens, s’inscrit dans une Europe qui s’oppose à une implication militaire formelle aux côtés des Etats‑Unis, tout en maintenant des efforts diplomatiques pour désamorcer la crise.
Cette réticence rappelle un tournant historique similaire en 2003, lorsque l’ex‑chancelier Gerhard Schröder avait refusé de faire participer l’Allemagne à l’invasion de l’Irak menée par les Etats‑Unis. À l’époque, Schröder et le président français Jacques Chirac s’étaient opposés à une intervention sans mandat de l’ONU, marquant une rupture significative dans les relations transatlantiques. Cette posture avait illustré une Europe désireuse de préserver son autonomie stratégique face aux choix unilatéraux de Washington.
Aujourd’hui, le refus conjoint de plusieurs chefs de gouvernement — allemands, français, italiens, espagnols et britanniques — de s’aligner sur la demande américaine illustre une nouvelle forme de dissension au sein de l’alliance atlantique. Si la volonté de maintenir de bonnes relations transatlantiques reste affichée, l’Europe privilégie des approches diplomatiques et défensives, comme l’entente sur des mesures visant à assurer la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz sans intervenir militairement.
Ce changement de ton et de stratégie européenne pose donc la question d’un possible « scénario 2003 » renouvelé, où l’UE affirme son autonomie politique et stratégique face aux Etats‑Unis, tout en tentant de jouer un rôle actif dans la recherche de solutions pacifiques et multilatérales au conflit.
(Avec agences)