La Tunisie engage un chantier d’envergure pour adapter sa principale infrastructure aéroportuaire à l’évolution du trafic aérien. Le ministère du Transport a confirmé le lancement d’un programme d’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage, dont l’objectif est de faire passer sa capacité annuelle de près de 5 millions de voyageurs actuellement à environ 18,5 millions à l’horizon 2031. Par conséquent, la plateforme verra sa capacité presque quadruplée en l’espace de quelques années. L’investissement nécessaire pour mener à bien ce projet est estimé à 3 milliards de dinars, soit l’équivalent d’environ 1 milliard de dollars.
Ce programme d’extension a été inscrit dans le budget d’investissement 2026 de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA). Les autorités ont précisé qu’elles renoncent pour l’instant à la construction d’un nouvel aéroport dans la région de la capitale, préférant concentrer leurs efforts sur l’agrandissement de Tunis-Carthage. Qui plus est, le projet inclut également une composante urbaine avec la construction d’une ligne de métro reliant l’aéroport au centre-ville de Tunis. Validée lors d’un conseil ministériel restreint le 25 février 2026, cette liaison ferroviaire s’effectuera en trois phases. La première reliera la rue de la République à l’aéroport en passant par la zone de la Perle du Lac, sur une distance de 8 kilomètres. Les phases suivantes étendront le réseau jusqu’au Kram et aux quartiers de Jardins de Carthage, Aïn Zaghouan et l’hôpital Mongi-Slim.
Située à proximité de la capitale, cette plateforme aéroportuaire concentre une part importante du trafic aérien du pays. En 2024, le trafic global en Tunisie s’est élevé à 12,5 millions de voyageurs, dont plus de la moitié sont passés par Tunis-Carthage avec plus de 7,2 millions de passagers enregistrés. Par ailleurs, le projet d’extension vise à adapter l’infrastructure à la croissance du trafic observée depuis la reprise post-pandémie. D’autre part, les autorités espèrent améliorer la compétitivité du pays face aux hubs méditerranéens concurrents. Le gouvernement a également indiqué que des études sont menées pour renforcer la complémentarité entre les aéroports tunisiens. La possibilité de récupérer l’aéroport d’Enfidha-Hammamet après l’expiration de sa concession en 2047 est ainsi envisagée, avec l’idée de le relier à Tunis-Carthage par une liaison ferroviaire rapide.
Ce projet d’agrandissement avait déjà été évoqué en novembre 2025 par le ministre des Transports devant la Chambre des représentants. À l’époque, les détails relayés par la presse locale faisaient état d’un investissement similaire d’environ 3 milliards de dinars, avec l’objectif de porter les capacités à 18 millions de passagers par an, contre environ 7,2 millions enregistrés en 2024. Le gouvernement envisageait alors de structurer le projet sous la forme d’un contrat clé en main, attribué après une phase de préqualification. En plus de ces éléments, le projet d’extension comprend également l’acquisition de 30 nouvelles rames de métro, tandis que 80 rames existantes bénéficieront d’une réhabilitation et que 55 autres subiront une maintenance lourde. À ce stade, plusieurs incertitudes demeurent concernant le calendrier précis du projet, notamment les dates de lancement des travaux et l’attribution du contrat.