Trois personnes sont décédées abord d’un navire d’expédition néerlandais, baptisé MV Hondius, navigant au milieu de l’atlantique. Parmi elle, un décès a été confirmé comme étant causé par le Hantavirus. C’est ce que l’OMS a rapporté dans un communiqué.
Bien qu’elle estime que le risque lié au Hantavirus pour le grand public est faible, selon l’information fournie aujourd’hui par Reuters, les cas enregistrés jusque-là peuvent sembler inquiétant étant donné la propagation spatiale.
« Le risque pour le grand public reste faible. Il n’y a pas lieu de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage » ; a déclaré le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, dans un communiqué.
Ceci n’a quant même pas empêché l’OMS de lancer une alerte sanitaire. Car si, jusqu’à ce jour, « un seul cas, parmi les passagers et l’équipage du bateau, touché par le Hantavirus a été confirmé en laboratoire », cinq autres cas, ayant les mêmes symptômes, sont suspecté d’avoir le virus dont certaines ont été mises en soins intensifs en Afrique du Sud.
Les autorités hollandaises qui tentent de rapatrier ces personnes soupçonnées d’avoir le virus vers le Cap Vert et de là vers les Pays Pas semblent confrontées à une opposition des autorités capverdiennes. C’est ce qui ressort de la déclaration du porte-parole du ministère des affaires étrangères hollandais, rapportée par Reuters, lors de laquelle il a précisé qu’il n’était pas certain que cette opération soit possible.
Faisant allusion au refus des autorités capverdiennes, il a indiqué que des contacts étroits avec les caps verdiens ainsi qu’avec les autorités et les gouvernements des pays représentant environ 150 passagers à bord.
Notons que le navire en question a quitté un port argentin le 27 avril 2026. Une enquête doit ainsi préciser si les personnes touchées ont attrapé la maladie sur le bateau ou alors qu’ils étaient encore en argentine.
Qu’est ce que le Hantavirus, quels sont ses symptômes ?
L’infection à hantavirus est une maladie virale très répandue chez les rongeurs. Ce virus est responsable d’infections pulmonaires (avec toux et essoufflement) ou rénales (avec douleurs abdominales, et parfois insuffisance rénale) sévères.
Il se transmettent par contact avec des rongeurs infectés ou avec leurs déjections ou urines. L’infection débute par une fièvre soudaine, des maux de tête, des douleurs musculaires, et parfois par des symptômes abdominaux, qui peuvent être suivis par une toux et un essoufflement ou des problèmes rénaux.
L’homme contracte l’infection par contact avec les rongeurs, leurs déjections ou leur urine et, probablement, par inhalation de particules virales dans les régions où l’on retrouve de grandes quantités d’excréments de rongeurs. La plupart des hantavirus ne se propagent pas d’une personne à l’autre ; dans de rares cas, l’hantavirus des Andes, dans le sud de l’Amérique du Sud, se propage directement entre des personnes en contact physique étroit. Les infections à hantavirus sont de plus en plus fréquentes.
Il existe, indique un rapport d’experts médicaux publié sur le Manuel Médical MSD, plusieurs espèces d’hantavirus. Selon les espèces, le virus affecte différents organes :
- Les poumons, provoquant un syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH).
- Les reins, provoquant une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR).
Cependant, de nombreux symptômes sont identiques dans les 2 infections.
Les symptômes d’une infection par hantavirus débutent par une fièvre soudaine, des céphalées et des douleurs musculaires, typiquement 2 semaines (mais possiblement jusqu’à 6 semaines) environ après exposition à des déjections ou des urines de rongeurs. Des douleurs abdominales, des diarrhées ou des vomissements peuvent également être observés.
Rappelons que l’Institut Pasteur de France, dans un rapport publié le 23 Février 2026, a indiqué que « Six hantavirus zoonotiques, appartenant à 4 espèces, circulent sur le continent européen », mettant ainsi en exergue la gravité de la situation, notamment en l’absence d’un vaccin ou d’un remède efficace puisque tous les soins prodigués ne sont que palliatifs.
Prévenir vaut mieux que guérir
Il ne reste alors qu’à appliquer certaines recommandations permettant de prévenir contre cette maladie.
Selon les experts de l’OMS et de l’Union Européenne, les recommandations suivantes pourraient permettre de prévenir contre la maladie :
- Mettre un pansement étanche sur les plaies en cas de manipulation de bois ou de travail de la terre en bordure de forêt.
- Mettre des gants étanches pour manipuler des rongeurs morts ou vivants ou leurs nids.
- Mettre un masque FFP2 ou au moins se mettre dos au vent pour manipuler du bois ou de la terre.
- Éviter de rentrer dans des locaux fermés en forêt ou en bordure de forêt.
- Aérer et asperger d’eau (porter un masque FFP2 pendant l’opération) avant de nettoyer des locaux ayant été longtemps fermés, susceptibles d’avoir abrité des rongeurs.
- Ne pas fumer lors des activités ci-dessus (augmentation du risque d’infection).
- Dératiser les habitations (pièges ou nourriture empoisonnée).
- Placer la nourriture dans des endroits inaccessibles aux rongeurs.
- Empêcher l’accès des rongeurs dans les habitations en bouchant les ouvertures.
- Éliminer les abris utilisables par les rongeurs.
Krimi Abderrazek