Les prix du pétrole ont enregistré une baisse de plus de 10 % vendredi, après l’annonce par l’Iran que le détroit d’Ormuz sera ouvert pendant la durée de la trêve au Moyen-Orient. Vers 13h35 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, a perdu 10,50 % pour s’établir à 88,95 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, a chuté de 11,40 % à 83,90 dollars.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré sur X : « Le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d’Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la durée restante du cessez-le-feu. » Il n’a toutefois pas précisé s’il faisait référence à la trêve entre l’armée israélienne et le Hezbollah, entrée en vigueur jeudi soir au Liban pour une durée de dix jours, ou au cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, qui prend théoriquement fin le 22 avril.
Cette réouverture, qui constitue un point clé des négociations entre Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre, a été immédiatement saluée par Donald Trump. Le président américain a écrit sur sa plateforme Truth Social, dans un message entièrement rédigé en majuscules : « L’Iran vient juste d’annoncer que le détroit d’Iran était entièrement ouvert et prêt pour une traversée complète. Merci ! »
Selon Giovanni Staunovo, analyste chez ING, « les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères laissent entendre une désescalade tant que le cessez-le-feu reste en vigueur ». Kathleen Brooks, analyste chez XTB, ajoute que cette annonce « donne l’espoir que la guerre prendra bientôt fin et que les chaînes d’approvisionnement retrouveront une certaine normalité ».
Si le trafic reprend dans le détroit, l’immense flux de pétrole en provenance des pays du Golfe, qui était paralysé à cause de la guerre, pourrait de nouveau être exporté. Ce volume est estimé à environ 13 millions de barils par jour. Giovanni Staunovo estime qu’il faudra donc vérifier « si le nombre de pétroliers franchissant le détroit augmente de manière significative ».
En revanche, Donald Trump a annoncé, quelques minutes plus tard dans un second message sur Truth Social, que le blocus américain sur les ports iraniens restera en vigueur jusqu’à la conclusion d’un accord. Il a déclaré, toujours en lettres capitales : « Le détroit d’Ormuz est complètement ouvert (…) mais le blocus naval demeurera totalement en vigueur en ce qui concerne l’Iran seulement, jusqu’à ce que notre transaction avec l’Iran soit achevée à 100 %. » Le président américain a ajouté : « Le processus devrait aller très rapidement puisque la plupart des sujets ont déjà été négociés. »
Ce blocus menace les 1,5 à 2 millions de barils de brut qui continuaient d’être exportés par l’Iran (essentiellement vers la Chine) depuis le début de la guerre. Par ailleurs, Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, a prévenu plus tôt dans la matinée : « Même si le détroit d’Ormuz venait à rouvrir, il faudrait plusieurs mois avant que la situation ne revienne à la normale. »
MBY