Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vivement dénoncé le jugement rendu ce jeudi 7 mai 2026 par le tribunal de première instance de Tunis à l’encontre du journaliste Zied El Heni, condamné à une année de prison à la suite d’une publication sur son compte Facebook évoquant sa participation à une conférence-débat.
Dans un communiqué, le syndicat a critiqué le recours à l’article 86 du Code des télécommunications, qualifié de « loi de Ben Ali », estimant qu’il s’agit d’un texte répressif hérité de la période autoritaire et utilisé dans une affaire liée directement à la liberté d’expression et au travail journalistique.
Le SNJT considère que le fait de poursuivre des journalistes en dehors du cadre du décret-loi 115 de 2011 relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition constitue « une grave dérive juridique » et un usage abusif de la justice visant les voix critiques et indépendantes.
Le syndicat a également dénoncé « un acharnement judiciaire » contre Zied El Heni, soulignant qu’il fait face, pour la deuxième fois en moins de trois ans, à des peines privatives de liberté en raison de ses prises de position médiatiques.
Le SNJT a mis en garde contre les répercussions de ce climat sur la liberté de la presse en Tunisie, estimant que les poursuites répétées contre les journalistes favorisent un climat de peur et d’autocensure, au détriment de la qualité du débat public et du droit des citoyens à une information libre, pluraliste et indépendante.
Réaffirmant sa solidarité totale avec Zied El Heni et sa famille, le syndicat a appelé à l’arrêt immédiat des poursuites contre les journalistes pour leurs opinions ou leurs productions journalistiques, au respect des garanties constitutionnelles liées à la liberté d’expression, ainsi qu’à l’application exclusive du décret-loi 115 dans les affaires de presse et de publication.
Lire aussi: Condamnation du journaliste Zied El Heni à un an de prison