Le sorgho: Cinq pays dominent la production en Afrique

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L’Afrique constitue la première région productrice de sorgho à l’échelle mondiale. Elle représente plus de 45 % de l’offre planétaire de cette céréale. Celle-ci est principalement consommée sur le marché domestique. Par conséquent, elle constitue une culture stratégique pour la sécurité alimentaire, surtout dans les zones arides où elle s’adapte mieux que d’autres céréales. Le mardi 24 mars 2026, l’Éthiopie a lancé un plan national d’accroissement de sa production locale. Ce pays d’Afrique de l’Est occupe déjà une position dominante sur le continent. En sus de cette avance, cette initiative pourrait renforcer sa place parmi les principaux producteurs africains de la céréale.
Un classement établi par la FAO
La culture du sorgho est privilégiée en Afrique subsaharienne, en particulier dans les pays du Sahel. Son usage dépasse le simple cadre de l’alimentation de base. D’après le rapport « Food Outlook » publié en novembre 2025 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, cinq pays se distinguent le plus en la matière. Le Nigeria arrive en tête. Ce pays a produit en moyenne 6,6 millions de tonnes de sorgho entre 2021 et 2023. Cela en fait le principal producteur africain et le deuxième producteur mondial après les États-Unis. Dans le pays le plus peuplé du continent, la céréale occupe une superficie estimée à près de 5,2 millions d’hectares par an. Elle constitue ainsi la troisième culture en termes d’importance après le maïs et le riz. La céréale est cultivée dans les régions semi-arides du nord, caractérisées par des précipitations faibles et irrégulières ainsi que des températures élevées. Elle sert à la fois d’aliment de base – bouillie, pâte, crêpes fermentées ou grains grillés –, de fourrage pour les animaux et d’ingrédient clé dans la brasserie. À cela s’ajoute le fait que la première bourse privée des matières premières agricoles du Nigeria estimait déjà en 2023 qu’environ 20 % de la récolte nationale de sorgho est utilisée dans l’industrie des boissons et des aliments pour animaux.
L’Éthiopie, le Soudan et le Burkina Faso en force
L’Éthiopie se classe au deuxième rang africain. Ce pays a enregistré une récolte moyenne de 4,2 millions de tonnes par an entre 2021 et 2023. La céréale est principalement cultivée dans les régions du Tigré, de l’Oromia et de l’Amhara. Elle occupe une superficie totale de plus de 1,5 million d’hectares sur l’étendue du territoire national. Par ailleurs, il s’agit de la quatrième céréale cultivée en termes d’importance après le maïs, le blé et le teff. Dans ce pays d’Afrique de l’Est, le sorgho est principalement consommé sous forme d’injera (galette traditionnelle), de bouillie, de nifro (grains bouillis). Il est aussi largement utilisé pour la fabrication de boissons alcoolisées locales telles que le tella et l’areke. Qui plus est, au-delà de son rôle alimentaire, il prend de l’importance dans l’alimentation animale et la transformation industrielle à petite échelle, incluant la production de farine, de snacks et d’aliments pour bébés.
Le Soudan arrive en troisième position. Ce pays a affiché une production moyenne de sorgho estimée à 3,93 millions de tonnes par an entre 2021 et 2023. La céréale y occupe une superficie estimée à plus de 6 millions d’hectares par an. Elle est principalement cultivée dans les États de Gadarif, du Kordofan et du Darfour. En plus de ces chiffres, le Soudan est le seul pays de ce classement où le sorgho s’impose comme la principale céréale cultivée. Le plat traditionnel kisra, fabriqué à partir de sorgho, constitue un pilier de l’alimentation dans le pays. Comme dans les autres pays producteurs africains, il est aussi utilisé comme fourrage pour le bétail, matière première dans la production de bière locale, et base pour divers plats et bouillies.
Le Burkina Faso figure en quatrième position. Ce pays a produit en moyenne 1,8 million de tonnes de sorgho par an entre 2021 et 2023. La culture de la céréale est principalement réalisée dans la Boucle du Mouhoun, la région de l’Est, et celle du Centre-Ouest. Elle couvre chaque année près de 2 millions d’hectares sur l’étendue du territoire national. Autrefois principale culture céréalière du pays, le sorgho a cédé sa place au maïs dont la production s’est nettement améliorée ces dernières années. D’autre part, le sorgho grain sert à la préparation de plusieurs mets locaux : tô (pâte préparée à partir d’une bouillie), couscous, beignets locaux, galettes, bière locale (dolo), sirop et biscuits. Le grain est également consommé frais ou bouilli.
Le Niger complète le top 5
Le Niger ferme ce classement. Avec une production moyenne de 1,66 million de tonnes enregistrée entre 2021 et 2023, ce pays s’impose comme le cinquième producteur africain de sorgho. La céréale est principalement cultivée dans les régions de Niamey, de Dosso et de Maradi. Elle occupe chaque année près de 3,6 millions d’hectares de terres agricoles. Par conséquent, elle constitue la deuxième culture céréalière après le mil. À ce propos, le mil est une céréale vivrière traditionnelle très répandue dans les zones sèches du Sahel. Il s’agit de petites graines rondes, souvent de couleur jaune pâle ou grisâtre, qui résistent encore mieux que le sorgho à la sécheresse. Le mil est couramment transformé en bouillie, en galettes ou en couscous dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, y compris au Niger. En sus de cette précision, rappelons que le sorgho reste néanmoins une culture centrale pour ce pays.

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