Les enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI) ont signé une pétition dans laquelle ils réaffirment leur « pleine solidarité » avec le journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du site Al-Katiba et ancien membre du bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).
Dans leur pétition, les enseignants dénoncent une arrestation qu’ils considèrent comme consécutive à des publications et commentaires diffusés sur Facebook faisant état d’un prétendu enrichissement suspect du journaliste, sans que ces accusations ne soient, selon eux, appuyées par des éléments sérieux.
Les signataires estiment par ailleurs que cette interpellation soulève des interrogations au regard des principes de nécessité et de proportionnalité consacrés par l’article 55 de la Constitution tunisienne.
Ils expriment également leur préoccupation face à la dégradation de l’état de santé de Mohamed Yousfi, ainsi qu’à l’intervention chirurgicale qu’il a dû subir alors qu’il se trouvait en détention.
La pétition énumère dix revendications, parmi lesquelles figurent notamment :
- garantir l’intégrité physique et psychologique du journaliste et lui assurer, sans délai, les soins médicaux nécessaires ;
- réexaminer la décision de son incarcération et lui permettre de poursuivre la procédure en état de liberté ;
- garantir le plein exercice des droits de la défense et les conditions d’un procès équitable ;
- réaffirmer que l’exercice du journalisme et l’expression d’opinions sur des questions d’intérêt public ne doivent pas, en eux-mêmes, constituer un motif de poursuites pénales ;
- s’opposer au recours aux lois pénales comme moyen d’intimidation ou de restriction de l’exercice du métier de journaliste.
Rappelons que Mohamed Yousfi a été arrêté le septembre 2026, alors qu’il se préparait à participer à une émission radiophonique consacrée à la crise de l’eau en Tunisie.