Le comédien franco-marocain Amine Radi a publié récemment sur YouTube une chanson parodique intitulée « Les hommes princesses, Ewa Haa ! ». En quelques jours à peine, le clip est devenu un véritable phénomène, cumulant près d’un million de vues et suscitant de vifs débats sur les réseaux sociaux.
Derrière l’ironie et l’humour qui caractérisent Amin Radi, les paroles de la chanson mettent en lumière un changement profond dans les rapports hommes-femmes. Tout commence avec une série de phrases devenues emblématiques : « Je ne suis pas encore prêt », « J’ai besoin de me retrouver », « On paye 50/50 ». Des répliques que de nombreuses femmes disent entendre de plus en plus souvent, et qui traduisent, selon elles, une réticence grandissante des hommes à assumer leurs responsabilités affectives et matérielles dans une relation.
Dans son clip, Amine Radi tourne en dérision ces nouveaux hommes obsédés par leur apparence, qui passent plus de temps à prendre soin de leur peau, de leur coupe de cheveux et de leurs selfies qu’à investir dans une relation sérieuse. Derrière la caricature, c’est une bonne partie de la nouvelle génération qui se retrouve pointée du doigt : celle des hommes qui revendiquent l’égalité lorsqu’il s’agit de partager une addition, mais qui se montrent absents dès que la question de l’engagement ou de l’effort se pose.
La chanson, par son ton satirique et ses refrains accrocheurs, a immédiatement séduit un large public. Mais elle a aussi ouvert un débat de fond : assistons-nous à une crise de la masculinité ? De plus en plus de femmes dénoncent en effet des comportements jugés « passifs », « immatures » ou « égoïstes », estimant que les rôles traditionnels sont bousculés au point de créer un déséquilibre.