Les militants de la Flottille Al Soumoud, arrêtés par les forces d’occupation, ont été transférés dans la nuit de jeudi à vendredi vers la prison de Ktsiyot, dans le désert du Néguev. Avant leur incarcération, ils avaient bénéficié de l’assistance juridique d’avocats de l’organisation palestinienne Adalah. Parmi eux, près d’une trentaine de Tunisiens devraient prochainement être rapatriés.
Mais que représente réellement ce centre pénitentiaire israélien ?
La prison de Ktsiyot, située dans le Néguev non loin de la frontière égyptienne, est l’un des plus vastes établissements carcéraux d’Israël. Erigée à la fin des années 1980, au plus fort de la Première Intifada, elle a vite acquis la réputation d’un camp de détention particulièrement dur au point d’être qualifiée de l’enfer du désert. Construite sous forme de tentes et de baraquements entourés de barbelés, elle peut accueillir plusieurs milliers de prisonniers palestiniens, dont beaucoup sont détenus en «détention administrative», sans procès ni jugement.
Les conditions de vie y sont réputées éprouvantes : chaleur écrasante en été, froid glacial en hiver, surpopulation chronique, manque d’hygiène et accès limité aux soins. Ces réalités, régulièrement dénoncées par les organisations internationales de défense des droits humains, font de Ktsiyot un symbole des politiques de détention de masse menées par Israël contre les Palestiniens.
Au fil du temps, ce lieu est ainsi devenu bien plus qu’une simple prison : il incarne la dimension sécuritaire et politique de l’incarcération dans le cadre du conflit israélo-palestinien.
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