A l’heure où les trois coups d’une nouvelle saison vont être donnés en ce week-end de chaleur d’Aoussou et d’humidité collant à la peau, les clubs de la Ligue 1, à l’agonie, échappent miraculeusement de justesse à l’interdiction de recrutement ou au refus de leur octroyer une licence de championnat de Tunisie les autorisant à y participer.
En fait, cela fait une éternité que l’on entend parler de l’institution d’une nouvelle législation permettant aux associations sportives d’agir en qualité de société à but lucratif et commercial. Seulement, la glaciation des textes législatifs ajoute à la crise financière et économique à laquelle fait face le pays, et qui se répercute inévitablement sur le volet sportif. Et il y a jusqu’au schmilblic de la nouvelle législation sur les structures sportives qui traîne en longueur tel un feuilleton mexicain ou turc.
Ajoutez-y la plaie béante de l’infrastructure qui offre au regard du monde entier le spectacle de stades d’un autre âge, de l’âge de pierre sans doute. Seule l’enceinte de Radès est plutôt généreusement homologuée pour les compétitions organisées par la CAF (Confédération africaine de football). Pour le reste, passez, il n’y a rien à voir…
L’arbitrage reste quant à lui une autre calamité de ce foot de moins en moins impartial. Les coups de pouce providentiels font partie intégrante des Ligues 1 et 2 et dans les divisions inférieures. On impose la loi du plus fort. Dans un désarroi pathétique, on change de guide de la DTN comme on change de chemise.
En parallèle, la violence, un esprit détestable qui fait commettre à des supporters, à des dirigeants et même à des entraîneurs les actes les plus exécrables, la haine et le régionalisme rampent allègrement.
Ironie du sort, malgré la persistance de ce tableau déprimant, rappelez-vous, au mois de janvier 2020, le championnat tunisien de football était miraculeusement (inexplicablement ?) classé premier championnat africain et arabe, et 15e mondial par le très sérieux International Federation of Football History and Statistics (IFFHS), une organisation d’études historiques et statistiques sur le football créée en 1984. Notre tant critiqué championnat parfois ressemblant à un folklore du Moyen-âge et par ricochet régulièrement moqué et vilipendé se situait, tenez-vous bien, devant le Maroc, l’Egypte, l’Arabie saoudite et tutti quanti. Ce classement plus que flatteur, c’est le moins qu’on puisse dire, était rendu public alors que plus d’un président ou trésorier de club était traduit devant les tribunaux pour émission de chèques sans provision.
«L’homme malade» sur le carreau
Alors, que peut-on attendre du nouvel exercice tandis que l’on s’évertue dans cette grisaille de plus en plus épaisse à couvrir ce sein qu’on ne saurait voir, comprenez cette équipe nationale malade et qui fait réellement pitié ? La campagne mondialiste nord-américaine avait au demeurant impitoyablement laissé «l’homme malade» sur le carreau.
Dès qu’une éclaircie s’annonçait, à quoi servirait-il de prendre la tête dans les mains, et d’implorer le ciel quand on ne fait rien pour demander des comptes aux responsables de ce désastre qui ont souillé l’honneur de notre sport-roi ? Des instances qui poussent le ridicule jusqu’à se montrer incapables d’organiser un tirage -décent et correct- du calendrier du championnat.
Le temps semble s’être arrêté pour ce foot infesté par le business et les samsaras bas de gamme. Dans ce climat délétère, que l’Espérance de Tunis, le Club Africain, l’Etoile du Sahel, le Club Sfaxien ou tout autre prétendant à la solide charpente remporte le prochain trophée du championnat ou de la coupe, cela renvoie inévitablement aux errements d’un sport qui se cherche un pilote tellement le laxisme et l’indifférence s’imposent en pitoyable mode de gestion.
Jauger les chances des uns et des autres se révèle tâche dérisoire devant l’ampleur du tsunami qui frappe l’ensemble de ce château de cartes qui risque de s’effondrer à tout moment.
Que le CA revu et corrigé par Maher Kanzari remette son titre en jeu, que son premier rival, l’EST, se soit renforcé aussi énergiquement au terme d’un mercato conduit au pas de charge, que le CSS et l’ESS soient en train de remonter la pente, que l’USM et le ST en soient amenés à pratiquer la politique de leurs moyens, rien ne peut enlever au public sportif ce goût amer et cette frustration apportés par l’absurde campagne de Monterrey et Kansas City.
Trop de scories dépouillent aujourd’hui le tifosi lambda de toute ambition raisonnable. Il assiste hébété à la longue agonie de son sport favori et à l’impuissance, voire l’indifférence qui accompagne cette descente aux enfers par un exemple type d’incompétence apporté par les apprentis sorciers fédéraux.
Afin qu’une avancée majeure dans la refondation du football national soit réalisée, une longue démarche et beaucoup d’imagination, de volonté et de patience sont nécessaires. Des qualités dont semblent privées les instances actuelles qui ont visiblement d’autres chats beaucoup plus terre à terre à fouetter.
Quant au cahier des charges inhérent au professionnalisme, il est tout sauf respecté. Un engagement plus soutenu par l’Etat aux volets financier et matériel est indispensable. Malheureusement, l’ordre des priorités ne place pas actuellement un ambitieux projet sportif en tête des préoccupations. Et il faudra attendre des jours meilleurs afin de voir les clubs choisir au moment des urnes un organe fédéral «capable» et dévoué à la cause du sport, rien que du sport.
Le droit au rêve est en tout cas toujours permis malgré la même résignation morne dans le regard des fans.
Le tableau des entraîneurs de L1 saison 2026-2027 : Déjà deux «défaillances» !
Voici le tableau des coaches qui conduiront les clubs de la Ligue 1, sachant que Lassaâd Maâmer et Mohamed Ali Nafkha ont quitté le navire de l’OB et de l’ESHS quelques jours avant les trois coups :
-Club Africain : Maher Kanzari (nouveau)
-Espérance Sportive de Tunis : Laurentiu Reghecampf (Roumanie, nouveau)
-Club Sportif Sfaxien : Nabil Kouki (nouveau)
-Etoile Sportive du Sahel : Christian Bracconi (France, nouveau)
-Union Sportive Monastirienne : Romain Folz (France, nouveau)
-Stade Tunisien : Tozé Marreco (Portugal, nouveau)
-Espérance Sportive de Zarzis : Moncef Mcharek
-Club Athlétique Bizertin : Mohamed Azaïez (nouveau)
-Union Sportive de Ben Guerdane : Sofiène Hidoussi (nouveau)
-Etoile Sportive de Metlaoui : Amine Gara (nouveau)
-Jeunesse Sportive Omranienne : Amine Béji (confirmé)
-Olympique de Béja : ? (Lassaâd Maâmer démissionnaire)
-Avenir Sportif de la Marsa : Imed Ben Younès (nouveau)
-Progrès Sportif de Sakiet Eddaïer : Yosri Belkahla (maintenu)
-Club Sportif de Hammam-Lif : Chamseddine Dhaouadi (maintenu)
-Espoir Sportif de Hammam Sousse : Youssef Mouihbi (nouveau)