Loin de l’immobilisme et de la ripaille

Les lampions se sont tristement éteints sur la fenêtre-FIFA de septembre-octobre avec un bilan frustrant pour les tifosis de l’équipe de Tunisie. Un peu dans la confusion puisque le stage fut écourté à la surprise générale après que la fédération nationale eut alerté son homologue malienne sur l’annulation du test contre les Aigles de Bamako.

Dernière image choquante de cette quinzaine cauchemardesque : Elyès Achouri exclu des rangs du Club Tunisie suite à une prise de bec avec son coach Mouine Chaabani. Il fallut malgré tout mesurer l’ampleur du désastre : le sélectionneur national avait indiscutablement besoin de fignoler sa stratégie en poursuivant la découverte de son effectif. Malheureusement, pour des raisons le moins qu’on puisse dire peu convaincantes (blessure de beaucoup de joueurs, entre autres), il a dû -la mort dans l’âme on l’imagine- suspendre le rassemblement, perdant trois ou quatre jours supplémentaires de travail pour mieux analyser les rouages d’un Onze fort décevant dans ses deux sorties initiales aux éliminatoires de la CAN-2027, et en même temps un précieux match-test contre un sparring-partner des plus sérieux pour aller rejoindre sa famille au Maroc. Lui qui vient de rassembler pour la première fois des joueurs qu’il ne connaît toujours pas suffisamment.

Pour stimuler l’esprit critique, il faut vraiment passer tant les analyses, si elles insistent sur les manques flagrants, n’en restent pas moins loin d’apporter des solutions pertinentes. Résultat : surveillons le thermostat, cette équipe scotchée à ses deux pauvres points en deux matches va bientôt devoir négocier trois déplacements, l’un plus risqué que l’autre, en Libye, au Botswana et en Ouganda. Trois voyages risqués pour conclure une phase éliminatoire dont personne n’avait pronostiqué toutes les difficultés.

 

Le quitte ou double du «Mhiri»

Cela fait des années que le Club Tunisie vit de plein fouet la crise d’un football malade. Tel un arbre qui, désespérément, tente de garder en automne ses feuilles mortes, il va inexorablement à sa perte. Or, dans nos stades, les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Aussi, les grosses déconvenues ne se comptent plus.

Le 11 ou le 12 novembre prochain, ce sera déjà un angoissant quitte ou double sur la pelouse du stade Mhiri de Sfax.  Secoués par un automne morose, les Aigles risquent d’être déplumés et définitivement «achevés» par des Chevaliers de la Méditerranée qui savent que c’est vraiment l’occasion ou jamais.

Pas besoin de limiter les tenants et aboutissants de la crise profonde à un simple changement d’entraîneur et de formation. En fait, combien de Chaabani imaginaires faudrait-il pour mesurer la gravité de la situation ?

Force est d’admettre que la trajectoire de l’équipe de Tunisie est destinée à en révéler la pauvreté technique et la frilosité mentale. Si la vie des Aigles regorge désormais de funestes anecdotes, c’est sans doute l’occasion idoine de s’attaquer à ses jolis paradoxes et de faire table rase surtout si, d’aventure, notre sélection boit le calice jusqu’à la lie en se faisant bouter «out». Cela offrira en même temps une rare opportunité de repartir de zéro et d’ajuster son comportement loin de l’immobilisme et de la ripaille d’un FB qui marche déjà depuis des lustres sur la tête.

Related posts

Le Doyen est parti : Jean-Pierre Liscia, une œuvre majeure

Open les Alpes : Mohamed Yassine Ben Abbes s’impose sur 200 m nage libre

Ligue 1 : Hammam-Lif met fin à sa disette, le Stade Tunisien s’impose dans le temps additionnel