Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) a mis en garde contre une dégradation profonde des conditions de vie dans le pays. Dans un communiqué, l’organisation estime que la situation actuelle ne peut plus être attribuée à des épisodes isolés, mais relève d’une crise structurelle. Elle énumère plusieurs difficultés récurrentes : les pénuries d’eau potable, les coupures d’électricité, la baisse du pouvoir d’achat, le chômage, la détérioration des services publics et l’aggravation des problèmes environnementaux. Par ailleurs, le Forum dénonce un décalage croissant entre le discours officiel et la réalité vécue par les citoyens.
En sus, l’organisation formule des revendications précises. Elle réclame la continuité de l’approvisionnement en eau et en électricité, des mesures pour freiner la hausse des prix et garantir la disponibilité des produits de première nécessité, notamment à l’approche de la rentrée scolaire qui alourdit les dépenses familiales. D’autre part, elle appelle au respect des libertés publiques et à la reprise du dialogue entre les institutions, les organisations sociales et la société civile. Selon le FTDES, l’absence de réponses concrètes pourrait conduire à une « dangereuse dérive sociale », et la responsabilité de cette initiative incombe en premier lieu à la Présidence de la République.
À cela s’ajoute que cet avertissement intervient après un été marqué par des températures extrêmes et des interruptions fréquentes des services essentiels. Les données de l’Observatoire social tunisien font état de 1 101 manifestations recensées en juillet, contre 867 en juin. Parmi elles, 678 (soit 61,6 %) étaient liées à des problèmes d’accès à l’eau et à des coupures d’électricité. Par conséquent, 56 députés ont demandé la convocation d’une session plénière extraordinaire pendant la pause estivale pour discuter de ces questions avec le gouvernement. Enfin, le président Kaïs Saïed a déclaré que des enquêtes avaient confirmé que certaines coupures n’étaient pas dues à des dysfonctionnements normaux, mais à des actes prémédités visant à attiser les tensions.
MBY