« Lorand Gaspar vient de mourir » de Moëz Majed : Quand le récit devient miroir

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On connaissait Moëz Majed le poète, mais il vient de nous étonner avec un roman de 169 pages intitulé : « Lorand Gaspar vient de mourir » publié aux éditions Hykeyet Edition (Tunis) en février 2026.
Ce premier roman de Moëz Majed est une nouvelle étonnante, où l’auteur ne s’est pas défait de son identité de poète, puisqu’il a choisi de raconter une grande figure de la poésie du 20ème siècle :  Lorand Gaspar, qui est en plus médecin, historien, photographe…
Dans ce roman sur Lorand Gaspar il y a d’autres niveaux de lectures ainsi que d’autres personnages qui traversent le récit et qui laissent le lecteur hésitant entre des mondes distincts, et pourtant liés les uns aux autres, dans une narration cimentée par un concept sociologique créé par Mark Granovetter à la fin du siècle dernier : la force des liens faibles.
« Lorand Gaspar vient de mourir » est un récit à la croisée de l’autobiographie et de la réflexion littéraire. Moëz Majed y raconte son propre parcours, marqué par une enfance exigeante, notamment à travers la relation forte, parfois dure, qu’il entretient avec son père, feu Jaâfar Majed, un intellectuel passionné de littérature.
Au fil du livre, cette histoire personnelle se mêle à une fascination pour Lorand Gaspar, poète discret et difficile à cerner, dont la vie a été marquée par l’exil, la guerre et une quête constante de sens. L’auteur cherche à comprendre qui il était vraiment, mais se rend compte que Gaspar reste insaisissable, comme s’il n’avait laissé que des fragments de lui-même derrière lui.
Cette recherche devient alors plus profonde : ce n’est plus seulement une enquête sur un poète, mais une réflexion sur soi. À travers cette obsession, l’auteur explore son propre rapport à la figure paternelle, à la transmission, et à ce que l’on hérite, consciemment ou non, de ceux qui nous ont précédés.
Le livre aborde aussi des thèmes plus larges comme la littérature, la traduction et la création. Il suggère que toute écriture est une forme de transformation, une manière de traduire le réel et de lui donner un sens personnel.
En résumé, c’est un texte à la fois intime et réfléchi, qui parle de mémoire, d’identité et de quête personnelle, tout en rendant hommage à une grande figure de la poésie. « Lorand Gaspar vient de mourir » fera l’objet d’une séance de dédicace qui sera animée par Emna Louzir, le 4 avril à partir de 16h à la Librairie Arthephage, aux Berges du lac.

Y.M.

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