L’UGTT dénonce l’aggravation de la crise et réaffirme son appel à la grève générale

La commission administrative nationale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’est réunie mercredi 9 septembre 2026 au siège central de l’organisation, à Tunis, sous la présidence de son secrétaire général, Salah Eddine Salmi.

Dans une déclaration publiée à l’issue de sa réunion, l’UGTT a fait part de sa « profonde inquiétude » face à l’aggravation de la situation économique, sociale et politique du pays. Elle a estimé que les politiques suivies n’ont pas permis de résoudre les crises accumulées et ont contribué à en aggraver les répercussions sur les travailleurs, les catégories populaires et les régions marginalisées.

L’organisation syndicale a salué les mouvements sociaux menés dans plusieurs secteurs et régions, notamment dans les mines, les banques, le transport, l’enseignement et le secteur privé. Elle a également affirmé son soutien aux demandeurs d’emploi et a rejeté toute criminalisation de la contestation sociale ou recours à l’approche sécuritaire face aux revendications légitimes.

Concernant le drame de la migration irrégulière à Ben Guerdane, l’UGTT a exprimé sa solidarité avec les familles des victimes et a appelé à la mise en place d’une véritable politique nationale de développement et d’emploi afin de protéger les jeunes et de réduire les départs clandestins.

Sur le plan économique et social, l’organisation a dénoncé la dégradation du pouvoir d’achat, la hausse des prix et la détérioration des services publics, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et du transport. Elle a également déploré les perturbations persistantes dans l’approvisionnement en eau, en électricité, en médicaments et en produits de première nécessité.

L’UGTT a par ailleurs rejeté les « discours justificatifs » et les tentatives d’imputer la crise à d’autres parties. Elle a estimé que les autorités devaient assumer leurs responsabilités et renouer avec le dialogue avec les forces sociales, civiles et politiques.

L’organisation syndicale a dénoncé ce qu’elle a qualifié d’« atteintes au travail syndical » et a demandé la libération des syndicalistes détenus, l’abandon des poursuites engagées contre eux ainsi que la réintégration des syndicalistes révoqués.

Elle a également réaffirmé son attachement à l’indépendance de la justice, au droit à un procès équitable et à la liberté de la presse. Elle a appelé à la libération des personnes détenues pour leurs opinions ou leurs activités pacifiques et a rejeté toute instrumentalisation de la justice dans les conflits politiques et civils.

Face à cette situation, l’UGTT a réclamé un plan national urgent de sauvetage économique et social axé notamment sur la protection du pouvoir d’achat, la lutte contre la spéculation et la corruption, le soutien aux entreprises publiques, l’emploi et le développement régional.

Enfin, la commission administrative nationale a réaffirmé son attachement à la mise en œuvre de la décision de grève générale adoptée lors du 26e congrès ordinaire de l’UGTT. Elle a chargé le bureau exécutif national de préparer un plan d’action progressif devant aboutir à cette grève, en coordination avec les forces de la société civile et les structures syndicales régionales et sectorielles.

L’UGTT a enfin renouvelé sa solidarité avec le peuple palestinien et a demandé la libération des détenus de la Flottille de la liberté, ainsi que la garantie de leur sécurité et de leur dignité.

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