Le siège de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT) vit l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Réunis samedi 24 octobre 2026 à Tunis, les membres du Comité central ont tiré la sonnette d’alarme après l’exécution d’une saisie visant le bureau de la présidente et sa salle de réunion, alors que les agents et cadres de l’organisation restent privés de salaire et de couverture sociale pour la deuxième année consécutive.
Dans un communiqué, le Comité central dit son indignation devant l’état d’une institution qui a défendu pendant des décennies les droits des femmes et leur dignité. L’organisation traverse une crise financière aiguë, qu’elle attribue à l’accumulation de dettes héritées du passé, à la suspension de la subvention destinée à payer son personnel et, par conséquent, à l’impossibilité de régler les salaires en retard.
Face à cette situation, l’UNFT affirme qu’elle ne cédera ni sur ses sièges ni sur ses biens. Le Comité promet de poursuivre, malgré les difficultés, ses missions sociales et ses actions en faveur des femmes : protection contre la violence, la fragilité et la marginalisation, formation et requalification professionnelle, appui à l’initiative privée et à l’autonomisation économique, en particulier en milieu rural et dans les quartiers périphériques, diffusion de la culture des droits humains et renforcement de la participation des femmes à la vie publique et aux postes de décision. L’organisation entend aussi préserver la culture tunisienne et la mémoire nationale des femmes, et renforcer sa présence aux niveaux national et international.
L’Union rejette catégoriquement l’idée de porter la responsabilité de dettes et de charges financières accumulées sous des mandats antérieurs, remontant à 1987, et sous des structures administratives aujourd’hui dissoutes. Elle précise n’être responsable ni de ces dettes ni des décisions qui les ont engendrées, et regrette de supporter encore les conséquences de jugements antérieurs qu’elle juge injustes à son égard.
L’UNFT réclame le règlement urgent des dus financiers des employés et la garantie de leurs droits sociaux et professionnels. Elle demande également que soient établies les responsabilités de ceux qui ont chargé l’organisation de dettes et d’engagements. Elle met en garde contre les risques de démantèlement de l’Union, de sa fragmentation et de la précarisation de son personnel.
Le Comité central appelle les organisations et associations partenaires, ainsi que les amis et sympathisants de l’UNFT, à se tenir à ses côtés dans cette période difficile, au nom d’une histoire militante commune.