Meloni annonce la suspension des accords militaires avec Israël

Leader of Italian far-right party "Fratelli d'Italia" (Brothers of Italy), Giorgia Meloni delivers a speech on October 1, 2022 during a visit to the "Villagio Coldiretti" in Milan, a three-day event organized by the Italian Italian Farmers' Association. (Photo by Piero CRUCIATTI / AFP)

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L’agence de presse italienne ANSA a rapporté qu’en marge du salon VINITALY à Vérone, la Présidente du Conseil Italien, Georgia Meloni a annoncé, ce mardi 14 Avril 2026, que l’Italie a décidé de suspendre le « renouvellement automatique de l’accord militaire avec Israël » et ce « compte tenu de la situation actuelle », une décision qui a été notifiée formellement par le ministre de la défense italien Guido Crosetto à son homologue israélien Israël Katz.

Il est certain que le contexte actuel au moyen orient est pour quelque chose dans cette décision . D’ailleurs, l’évolution de la position italienne vis-à-vis du génocide à Gaza illustre un ton diplomatique qui ne cesse de se hausser à l’encontre de l’entité sioniste. Bien que l’Italie n’ait jamais qualifié les crimes israéliens de « génocide », une information qui circule sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, selon le journal l’Humanité, indique que l’Italie pourrait se joindre à la plainte, déposée contre Israël par l’Afrique du Sud auprès de la Cour Pénale Internationale, pour crime de génocide.

La décision italienne est certainement liée au conflit armé actuel dans la région du moyen orient. Un conflit ouvert sur différents fronts, celui de l’Iran n’en constitue qu’un. Il est certes le front le plus important et le plus décisif, mais il ne fait pas passer sous silence les autres fronts, notamment les fronts du Hezbollah au sud du Liban et sur les fronts syriens et Kurdes. Des fronts qui dévoilent des intentions claires d’expansionnisme de la part de l’Etat sioniste.

Il devient désormais évident que c’est Israël qui crée les orages au moyens orient. Cependant, il reste encore légitime de se demander si cette prise de position italienne, précédée par d’autres prises de positions de la part d’autres pays de l’Union Européenne, à l’instar de l’Espagne et de l’Allemagne, qui ont condamné avec vigueur, l’usage démesuré de la force contre les civils palestiniens, sans pour autant que cela ne conduise à une prise de positions forte, en suspendant par exemple la coopération économique et militaire avec Israël.

Certes, bien que les pays de l’Union Européenne ne soient pas engagés, ni directement ni indirectement dans les conflits armés du moyen orient, une responsabilité morale pèse désormais sur eux. Leurs dirigeants se trouvent dans l’incapacité de continuer à avaliser des agressions qui font fit du droit international humanitaire et des valeurs des droits de l’Homme.

Mais tout ça ne semble pas être le facteur qui a dicté la prise de position italienne qui pourrait, peut-être, être suivie par d’autres pays européens. Mais c’est plutôt cette situation d’instabilité et d’incertitudes par lesquelles passe le monde actuel et qui génère, non seulement un manque à gagner pour l’Europe, mais surtout des pertes considérables qui impactent fortement les finances de ces pays. Les enjeux politiques au moyen orient sont liés essentiellement au marché mondial de l’énergie. Et ce facteur, dans le contexte actuel, déstabilise l’Europe. C’est la raison pour laquelle Georgia Meloni argumente sa décision par l’impératif de « continuer à travailler pour faire avancer les négociations de paix, stabiliser la situation et rouvrir le détroit, qui est fondamental pour les carburants mais aussi pour les engrais ».

Comme à son accoutumée, Meloni veut faire de l’Italie la locomotive pour l’établissement de nouvelles politiques intérieures et extérieures européennes et pour repositionner l’Europe dans le nouveau contexte mondial, marqué par la politique agressive vis-à-vis des alliés européens de la part de l’administration Trump.

Krimi Abderrazek

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