Y a -t-il lieu de s’étonner ou de s’émouvoir ?
Pas le moins du monde car les structures «pérennes» du football tunisien sont tellement rigides et sclérosées que rien, vraiment rien, ne risque de les faire bouger. La sélection bout-elle sous le coup de chaleur du Mondial nord-américain, et les fédéraux flambent-ils sous la critique qui s’abat de toutes parts ? Eh bien, à grand renfort de mensonges, d’artifices et de fourberies, la FTF reste désespérément de marbre, faisant l’impasse sur son récent patent échec (fiasco total, assurent les observateurs).
Coupe arabe, Coupe d’Afrique, et last but not least Coupe du monde : croyez-vous que c’en est trop ? Que much is too much ?
Que nenni ! Tout cela, la bande à Moez Nasri ne la trouble pas le moins du monde. Reflet de son indifférence, voire de son impertinence, la ferme promesse de Nasri que «nous espérons faire mieux la prochaine fois».
Capito ? Compris ? Et que ces pas drôles du tout empêcheurs de tourner en rond nous laissent un peu tranquilles ! Pardi, nous avons nos sièges à défendre à la CAF, à l’Union arabe, à la FIFA même… Cela gronde sur facebook ? Et alors ? Ne se font-ils pas de fausses illusions sur la valeur réelle de la Sélection d’aujourd’hui ? Au fond, ils n’ont que la sélection qu’ils méritent….
Attentes impitoyablement brisées
Non, chers lecteurs, rassurez-vous, vous n’êtes pas victimes d’hallucinations. En fait, depuis la nuit des temps, c’est comme cela que l’on gère notre FB sous nos cieux.
Rappelez-vous : après les Jeux méditerranéens de 1983 à Casa, après le camouflet des 7 buts encaissés contre l’Algérie en 1985, aux lendemains de l’affront à domicile lors de la CAN 1994, après la chute de Maputo face au modeste Mozambique en 2009, dans la foulée du camouflet subi face au Cap-Vert en 2013… Dans chacun de ces épisodes, autant d’attentes impitoyablement brisées, autant de stéréotypes balayant le devoir de rendre des comptes, sorte de chronique des années de braise, avez-vous jamais entendu parler d’un Bureau fédéral rendre courageusement le tablier?
Mais cette fois-ci, tout juste quelques misérables ballons d’essai lancés çà et là annonçant dans la confusion une possible démission qui reste néanmoins à vérifier (à l’instar de celle de la présidente de la commission fédérale des litiges, Marwa Skhiri), du directeur sportif, de son adjoint… Résultat : «Darou lokman ala haliha». Rien de nouveau sous le soleil. Cela ressemble au pitch loufoque d’un film de 3e catégorie…
Blomme et Barriac : et nos cadres ?
«C’est lunaire, ahurissant. Mais au-delà du résultat, on a senti la mauvaise influence des médias, de certains supporters, s’indigne le Français Cédric Blomme, promu préparateur physique des Aigles dans le staff de Sabri Lamouchi, et lui aussi viré le soir de la déroute (5-1) face à la Suède. C’était un acharnement. Les médias tunisiens nous ont fait un mal fou, nous ont épiés. Là-bas, à la radio, on parle foot 24 heures sur 24».
Eh bien, comme si la Tunisie n’avait pas produit des préparateurs physiques, tous ces cadres sortant par fournées de l’Institut de Ksar Saïd… Y compris dans le staff d’Hervé Renard, le préparateur physique sera également Français, David Barriac.
En tout cas, énième camouflet pour nos élus fédéraux : Hervé Renard, sur lequel ils comptaient s’appuyer pour gagner du temps, brouiller les pistes et, dans un joli coup de com se refaire une virginité, les a confondus en déclinant leur offre pour poursuivre au-delà du Mondial l’aventure à la tête du Onze national. Pis encore, au contact de ce corps inerte, le rusé Renard a senti le roussi : «Une équipe sans avenir et sans projet», a-t-il soutenu. Pas de quoi préserver les Aigles des affres de la réalité ou du moins, faire semblant de le tenter.
Cette réalité qui les voit, en deux temps trois mouvements, dégringoler au classement mondial FIFA au 57e rang, soit une perte sèche de 12 places d’un seul coup, et ce après avoir terminé le Mondial à la 47e place sur 48 pays participants.
De Yanis au Clenbutérol
Etonnamment, personne à la «fédé» n’a exprimé ne serait-ce qu’un semblant d’inquiétude sur cette chute libre qui va désormais condamner le Onze tunisien à d’interminables exploits.
Au contraire, depuis la fin précoce de l’aventure mondialiste, ils n’ont pas fini de botter en touche, y compris au sujet des huit joueurs tunisiens contrôlés positifs au Clenbutérol très probablement dû à une contamination alimentaire. Ou encore du statut de l’enfant gâté de Sabri Lamouchi, Yanis qui, se trouvant (à quel titre ?) au stage de Tabarka, a failli être repêché, comme cela, par enchantement, parmi le staff technique. Avec la bénédiction de notre si généreuse FTF, cela va de soi !
Décidément, les journées torrides de cette première quinzaine du mois de juillet sont montées à la tête de nos braves et infaillibles fédéraux lesquels n’arrêtent pas de naviguer en eux troubles…