L’ADN tounsi, elles sont comme on dit chez nous des « tounsiyettes » des filles d’Elyssa, issues de l’immigration, binationales ou tunisiennes qui s’exportent à l’international, elles font et sont la fierté de notre Nation. Elles sont entre deux rives de la Méditerranée, entre la France et la Tunisie ou la Tunisie et le Moyen-Orient dans un continuel va-et-vient d’échange et de proximité. Elles sont nos Ambassadrices et elles rappellent que notre matrice féconde de trois mille ans d’histoire n’a rien à envier à qui que ce soit. Elles sont internationales, elles repoussent les frontières, dans leur domaine, elles portent avec passion leur créativité, comme un étendard face au Monde.
Elles sont : soprano, artiste du qanun, réalisatrice, psychiatre, présidente d’association, créatrice de mode, artiste plasticienne, elles font bouger les lignes à l’international. Ici et ailleurs, elles célèbrent la créativité plurielle. Si certaines sont parties, elles sont et font le lien avec la terre d’origine, d’autres ont décidé par contre de revenir.
Mouna Jemal Siala: Une artiste visuelle touche-à-tout qui fusionne réel et virtuel par le biais du numérique, Défendre l’humain avec pixel
Mouna Jemal Siala est née en 1973 à Paris, vit et travaille à Tunis. Artiste visuelle, elle est titulaire d’une thèse de doctorat en arts et sciences de l’art de l’Universite Paris I Panthéon-Sorbonne.
Elle participe depuis 1993 a plusieurs expositions en France, Allemagne, Espagne, Belgique, à Alger, Bamako, Dakar (Prix du ministre de la Culture du Sénégal dak’art 2010), Genève, Casablanca, Kolkata, Los Angeles, New York et en Tunisie. « Ulysse de la Hafsia », œuvre présentée à la 1ère Biennale d’art contemporain de Rabat au Maroc est actuellement exposée au centre Fnac Val-de-Loire en France.
Son art articule le numérique, le virtuel et le réel.
Elle transforme les images en pixels. Préoccupée par le souci de garder la mémoire d’une action, d’un événement, d’un vécu, son histoire personnelle, liant de manière indissociable sa vie et son art.
Ses triples, son corps de femme, ainsi que les évènements et l’histoire de son pays traversent son œuvre. Son regard d’observation passe de l’intime et du particulier au général et à l’objectif.
Actuellement, elle prépare une exposition personnelle autour de la Tunisie, abordant des thématiques telles que la pénurie, la fuite et l’immigration. Ce projet s’inscrit dans une réflexion plus large sur les réalités sociales et humaines contemporaines.
En parallèle, elle est prochainement à deux résidences artistiques :
- Une résidence du 22 au 28 mars à Monte Castello di Vibio (Italie), avec un groupe d’artistes tunisiens, à l’initiative de l’artiste Hela Lamine.
- Une résidence à l’espace Sadika à Gammarth, réunissant des artistes internationaux (roumains, égyptiens, autrichiens et tunisiens) à l’initiative de l’artiste Najet Dhahbi.
Par ailleurs, son travail sera également présenté à l’international dans les mois à venir :
- En octobre, dans un musée à Bucarest, avec une exposition de dessins contemporains intitulés : «Comme une réminiscence».
- En novembre, en Finlande, dans le cadre d’une exposition dédiée à l’art vidéo avec une vidéo performance intitulée : « La fuite ».
Elle est connue pour être engagée et comme si elle était sociologue, elle aime aborder les sujets qui taraudent les communautés : immigration, migrations, crise économique. Elle fait et défait à travers son objectif le quotidien avec cet amour du pixel et selon une certaine esthétique bien à elle, elle nous dit souvent : «Mon art est indissociable de moi, de mon vécu, de mon quotidien et, pour moi, il fusionne entre le réel et le virtuel». Un style bien à elle qui démontre également qu’elle n’a pas peur d’aborder ce qui est complexe et fait réfléchir, témoin d’une société en mutation avec ses crises et atermoiements.
Une artiste engagée et au grand cœur qui n’a pas peur de faire de son art une arme pacifique pour défendre des causes humanistes, même celles qui flirtent avec le politique pas toujours politiquement correct et y trempent.
* Crédit photo Hamza Siala