Mourad Ben Hassine : « La Tunisie a tous les atouts pour conquérir davantage les marchés africains »

La Tunisie dispose des atouts nécessaires pour renforcer sa présence économique sur le continent africain et tirer davantage profit des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). C’est ce qu’a affirmé Mourad Ben Hassine, directeur général du Centre de promotion des exportations (CEPEX).

S’exprimant au micro de Wassim Ben Larbi dans Expresso sur les ondes d’Express Fm, Mourad Ben Hassine a expliqué que la rencontre organisée par le CEPEX avec la participation du secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, vise à rapprocher les entreprises tunisiennes des mécanismes mis en place dans le cadre de cet accord continental et à leur permettre d’explorer de nouvelles opportunités d’affaires sur les marchés africains.

Entrée en vigueur en 2021, la ZLECAf regroupe aujourd’hui la quasi-totalité des pays africains et constitue le plus vaste espace de libre-échange au monde en nombre d’États participants. Son objectif est de faciliter la circulation des biens et des services, réduire progressivement les barrières commerciales et favoriser l’intégration économique du continent.

Malgré cette dynamique, le commerce intra-africain demeure limité. Il ne représente actuellement qu’environ 16 % des échanges commerciaux totaux des pays africains, un niveau jugé encore faible au regard du potentiel économique du continent. Pour Mourad Ben Hassine, cette situation souligne l’importance d’accélérer les réformes et les initiatives destinées à renforcer les échanges entre les économies africaines.

Le responsable a notamment mis en avant le rôle croissant du commerce numérique, considéré comme l’un des principaux leviers de développement du commerce africain au cours des prochaines années. Il a rappelé que la Tunisie figure parmi les premiers pays à participer aux projets pilotes de commerce numérique lancés dans le cadre de la ZLECAf.

Ces expériences ont notamment permis la réalisation d’opérations d’exportation utilisant des certificats d’origine numériques, une avancée destinée à simplifier les procédures administratives, réduire les délais et faciliter les transactions commerciales entre les pays africains.

Mourad Ben Hassine a également souligné que plusieurs institutions continentales, notamment la Banque africaine de développement (BAD), soutiennent actuellement des programmes visant à lever les principaux obstacles qui freinent le commerce intra-africain. Ces défis concernent notamment les coûts logistiques élevés, les difficultés d’accès au financement, les procédures administratives complexes ainsi que certaines insuffisances en matière d’infrastructures de transport et de connectivité.

Le PDG du CEPEX a par ailleurs insisté sur le rôle central des petites et moyennes entreprises ainsi que des start-up dans la transformation économique du continent. Selon lui, le développement de l’innovation, l’encouragement de l’entrepreneuriat et le soutien aux initiatives portées par les jeunes constituent des conditions essentielles pour accélérer l’intégration économique africaine.

Il a également estimé que le secteur des services offre d’importantes perspectives de croissance, tout comme le développement des industries de transformation capables de mieux valoriser les ressources agricoles et industrielles africaines. Une telle orientation permettrait de créer davantage de valeur ajoutée localement et de renforcer les échanges entre les pays du continent.

Pour Mourad Ben Hassine, l’enjeu consiste désormais à bâtir des partenariats économiques africains solides et durables afin de transformer la ZLECAf en un véritable moteur de croissance, d’investissement et d’intégration économique à l’échelle continentale.

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