L’Italie a annoncé, vendredi 31 juillet, la suspension temporaire de l’application de l’accord de Schengen avec l’Espagne, accompagnée de la fermeture des frontières aériennes et maritimes entre les deux pays. Cette décision intervient en réaction à l’arrivée de milliers de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, sur la côte nord-africaine.
La mesure a été arrêtée à l’issue d’une réunion tenue au ministère italien de l’Intérieur sous la présidence du ministre Matteo Piantedosi, sur la base des évaluations du Comité d’analyse sur l’immigration et la sécurité des frontières. Elle fait suite aux orientations politiques annoncées la veille par la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, en concertation avec les vice-présidents du Conseil Antonio Tajani et Matteo Salvini.
Selon le ministère de l’Intérieur, la suspension de la libre circulation prévue par l’espace Schengen vise à répondre aux préoccupations sécuritaires suscitées par la crise migratoire à Ceuta.
Dans le même temps, l’Italie et la France ont convenu de renforcer les contrôles à leur frontière commune. À l’issue d’un entretien téléphonique entre Matteo Piantedosi et son homologue français, Laurent Nuñez, les deux responsables ont estimé nécessaire d’intensifier les contrôles terrestres dans le cadre des accords de coopération policière déjà en vigueur.
De son côté, le président français Emmanuel Macron a annoncé un renforcement des contrôles à la frontière franco-espagnole et a exprimé le soutien de la France aux autorités espagnoles confrontées à la gestion de cette situation migratoire exceptionnelle.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a défendu cette décision dans un message publié sur le réseau social X. Il a qualifié la suspension temporaire de Schengen de « choix nécessaire » pour protéger la sécurité des citoyens et préserver les frontières extérieures de l’Union européenne. Selon lui, cette mesure, prévue par les traités européens, répond à une situation devenue « inévitable » face aux flux migratoires et aux risques sécuritaires qui pourraient en découler, notamment en matière de terrorisme.
L’Espagne a, pour sa part, vivement réagi à cette décision, illustrant les tensions suscitées par la gestion de la crise migratoire à Ceuta entre plusieurs États membres de l’Union européenne.
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