Le ministère de la Santé a annoncé une série de mesures conjoncturelles visant à renforcer la liquidité financière de la Pharmacie Centrale de Tunisie (PCT). Ces dispositions incluent l’injection de financements directs par le ministère des Finances, ainsi que la régularisation des transferts provenant de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM). L’objectif est d’accélérer le remboursement des dettes envers les fournisseurs étrangers et d’améliorer la cadence d’approvisionnement en médicaments vitaux.
Ces précisions ont été apportées en réponse aux questions écrites de la députée Hala Jaballah adressées à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). L’élue s’inquiétait de la pénurie de plusieurs médicaments essentiels, notamment ceux destinés aux patients cancéreux, comme les antalgiques de pallier 3 et les dérivés de la morphine, ainsi que les médicaments anti-rejet pour les transplantés. Elle a souligné les risques sanitaires graves encourus par les patients concernés.
Le ministère a souligné qu’une mesure structurelle a été adoptée dans le cadre de l’article 18 de la loi de finances pour l’année 2026. Celle-ci prévoit d’une part l’allocation de ressources supplémentaires issues du compte de diversification des sources de la protection sociale. D’autre part, elle permet le financement spécifique de l’achat de médicaments spécialisés, particulièrement ceux liés au traitement du cancer et aux transplantations d’organes.
Par ailleurs, en coordination avec les ministères des Finances et des Affaires Sociales, le département de la Santé s’efforce de garantir la pérennité du système de santé. Qui plus est, il cherche à pérenniser le financement de la Pharmacie Centrale, considérée comme un acteur clé du secteur.
Pour renforcer la disponibilité des produits de santé sur tout le territoire, le ministère a annoncé plusieurs dispositions. En premier lieu, une enveloppe annuelle supplémentaire de 15 millions de dinars sera allouée au profit des régions sanitaires pour améliorer la distribution, surtout dans les zones sous forte pression démographique.
En plus de cette mesure, l’adoption d’une méthodologie plus efficace est prévue grâce à des systèmes informatiques avancés pour optimiser la consommation. Par conséquent, la mise en place actuelle du système « e-pharmacie » permettra un suivi précis des taux de consommation. Il offrira également une meilleure gouvernance de la gestion des médicaments au sein des établissements de santé.