Une étoffe calcinée, encore fumante, étendue sur le sol. Au centre, un croissant et une étoile qui résistent aux flammes. L’image, prise au lycée Tahar Haddad, à Sidi Bouzid et publié sur la page officielle de l’Union régionale du travail de Sidi Bouzid, serre le cœur et révolte. Notre drapeau national, réduit à l’état de lambeau noirci au pied des marches d’un établissement scolaire, dit à lui seul l’ampleur de l’outrage.
Il a été la proie des flammes dans la nuit de mardi à mercredi, lors d’un incendie que l’Union régionale du travail de Sidi Bouzid qualifie de criminel. Le drapeau n’est pas un simple morceau de tissu. Il est le symbole de la souveraineté du pays, de ses sacrifices, de ses valeurs, de la mémoire de ceux qui l’ont fait flotter pour que la Tunisie soit libre. Le voir brûlé, c’est voir atteint ce que la République a de plus sacré. Et le voir ainsi, devant un lieu de savoir, ajoute à l’outrage : l’école est le lieu où l’on apprend aux enfants à saluer ce drapeau et à le respecter.
Si la piste criminelle est confirmée par l’enquête, les responsables ne devront pas échapper à la rigueur de la loi. Il faudra qu’ils répondent de leurs actes sans indulgence, à la fois pour les dégâts causés à un bien public et, si le vol est établi, pour ce délit, et surtout pour l’atteinte portée à l’emblème national, une faute qui n’est pas moins grave et appelle une sanction à la hauteur du symbole bafoué.
En attendant, une exigence s’impose à tous : que ce drapeau soit sauvegardé, qu’on lui rende l’honneur qui lui est dû, et qu’aucun emblème de la nation ne soit plus jamais traité ainsi.