La posidonie, véritable pilier des écosystèmes marins méditerranéens, était au cœur d’une rencontre scientifique organisée mercredi 29 avril 2026 à l’hôtel Kyriad à Tunis. L’événement a mis en lumière les enjeux liés au changement climatique et les limites actuelles de la communication environnementale, avec un objectif assumé : combler le fossé entre le monde de la recherche et celui des médias.
Dans ce cadre, la chercheuse Afef Gharbi a présenté un projet académique innovant, développé dans le cadre de son travail de fin d’études à l’Institut de presse et des sciences de l’information, en partenariat avec Diwan FM et l’Institut national des sciences et technologies de la mer. Sa proposition repose sur une approche peu conventionnelle : l’utilisation de l’intelligence artificielle à travers un personnage virtuel, “Boussi 2050”, qui projette l’état de la mer Méditerranée à l’horizon 2050 si les tendances actuelles de dégradation se poursuivent. Un dispositif qui cherche moins à informer qu’à provoquer un électrochoc.
Les experts présents ont rappelé une réalité souvent sous-estimée : la posidonie n’est pas une simple plante marine. Elle forme un écosystème complexe, une “forêt sous-marine” essentielle à la stabilité du littoral. Elle freine l’érosion, abrite une biodiversité dense et joue un rôle clé dans la capture du carbone, ce qui en fait un allié direct dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Mais derrière ce rôle crucial, la situation se dégrade. Pollution, activités humaines incontrôlées et pêche non réglementée mettent cette espèce sous pression. Les intervenants ont clairement pointé un manque d’efficacité dans les dispositifs actuels, appelant à des mesures plus concrètes et moins symboliques, tant sur le plan juridique que dans les actions de sensibilisation.
La question du traitement médiatique a également été posée sans détour. Produire de l’information ne suffit plus : il faut la rendre compréhensible, utile et engageante. Les participants ont insisté sur la nécessité de repenser le journalisme environnemental pour qu’il ne se limite pas à relayer des constats, mais qu’il participe réellement à la prise de conscience.
En clôture, les organisateurs ont annoncé le soutien du ministère de l’Environnement à cette initiative. L’Agence de protection et d’aménagement du littoral a également confirmé la mise en place prochaine d’un partenariat visant à faire de “Boussi 2050” un outil national de sensibilisation. Reste à voir si cette ambition se traduira par un impact réel, au-delà des annonces.
Crédit photo: Rafik Bouderbala